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Arpen­tage : Mani­feste pour une entraide popu­laire

L’en­­­­­traide popu­­­­­laire du lien, du lien, du lien
mais pas seule­­­­­ment !
 

C’est le deuxième atelier d’ar­­­­­pen­­­­­tage à la biblio­­­­­thèque de Neuf­­­­­châ­­­­­teau. A la demande d’Éli­­­­­sa­­­­­beth, qui a le don de fédé­­­­­rer les citoyens. Elle promeut l’in­­­­­tel­­­­­li­­­­­gence collec­­­­­tive sur des sujets qui la portent, comme le dernier ouvrage de Pablo Servigne, Mani­­­­­feste pour une entraide popu­­­­­laire


En intro­­­­­duc­­­­­tion de cette rencontre, le groupe a déplié sa défi­­­­­ni­­­­­tion du mot « entraide ».  
Comment ces citoyens perçoivent-ils cette notion ? A-t-elle besoin d’un coup de fraî­­­­­cheur ? D’une nouvelle approche ? Ou, a contra­­­­­rio, devons-nous zoomer sur ses racines qui semblent oubliées ? 

Pour Odile, l’en­­­­­traide, c’est la vraie poli­­­­­tique : c’est grâce à elle que le monde s’est orga­­­­­nisé à la base et depuis la base.

« Nous devons reprendre notre pouvoir d’agir et ne pas tout attendre de l’État ! »

Pour Marie-Anne, l’en­­­­­traide, c’est s’inquié­­­­­ter du besoin des autres, en tenir compte et les relayer aux déci­­­­­sion­­­­­naires. Mais il faut aller plus loin, et cela passe par l’édu­­­­­ca­­­­­tion : sensi­­­­­bi­­­­­li­­­­­ser tout un chacun. Sabine, de son côté, au contact de ce mot, nous partage un senti­­­­­ment de tris­­­­­tesse : « J’ob­­­­­serve dans l’ac­­­­­tua­­­­­lité de ce monde capi­­­­­ta­­­­­liste une mise en compé­­­­­ti­­­­­tion. Nous sommes des êtres sociaux et, pour­­­­­tant, des dirigeants et des personnes qui ont besoin d’avoir du pouvoir s’ef­­­­­forcent de nous divi­­­­­ser tout le temps. L’en­­­­­traide devrait être natu­­­­­relle ! » Elle conclut que l’en­­­­­traide se fait de personne à personne et qu’il est dommage que cela ne soit plus collec­­­­­tif. Élisa­­­­­beth dépose ses souve­­­­­nirs : « Je suis née là-dedans. À la maison, les portes étaient toujours ouvertes pour tout le monde. » L’en­­­­­traide, c’est aussi tout simple­­­­­ment le voisi­­­­­nage. Ce sont les premières personnes de contact. Aujourd’­­­­­hui, mes nouveaux voisins sont enfer­­­­­més chez eux, dans un entre-soi. Elle conclut :


« La soli­­­­­da­­­­­rité est un échange qui rend libre. »

Une lecture qui déchire le voile d’un mythe

Le mythe de la compé­­­­­ti­­­­­tion nous fait bais­­­­­ser les bras : le « tous contre tous » est le premier constat de ce livre. Odile retient qu’il y a trois valeurs qui l’in­­­­­versent : la liberté, la confiance et l’en­­­­­traide. Elle souligne qu’elles sont à entre­­­­­te­­­­­nir en soi-même comme un feu. Élar­­­­­gir nos centres empa­­­­­thiques et faire partie d’un groupe, c’est salva­­­­­teur : un soin qui calme notre système nerveux.

Tisser des liens robustes

Cette approche est consi­­­­­dé­­­­­rée comme naïve, pour­­­­­tant elle est fonc­­­­­tion­­­­­nelle et vivante. Sabine remarque une liste de Pablo Servigne sur les diffé­­­­­rents états des groupes, sans hiérar­­­­­chie de valeur entre eux. Le premier est Convi­­­­­vial, empreint de joie, et donne un senti­­­­­ment de sécu­­­­­rité où un trauma collec­­­­­tif peut se guérir. Le deuxième est confi­­­­­den­­­­­tiel, plus intime, où le « je » se dévoile : c’est le groupe Authen­­­­­ti­­­­­cité. Le dernier est l’Adver­­­­­sité, où le groupe vit des tensions internes et les résout, ce qui crée des bases solides et robustes.

« Le désac­­­­­cord est une manière d’évo­­­­­luer vers une vision commune »

L’en­­­­­traide est hori­­­­­zon­­­­­tale avec une pointe de verti­­­­­ca­­­­­lité !

Élisa­­­­­beth illustre cette combi­­­­­nai­­­­­son par le récit de Fuku­­­­­shima, où les enfants étaient prépa­­­­­rés à réagir lors du tsunami. Leurs réac­­­­­tions face au séisme étaient de l’ordre du réflexe et ils ont pu se mettre en sécu­­­­­rité.

« L’en­­­­­traide n’est pas une anoma­­­­­lie sociale, elle est un prin­­­­­cipe central de l’évo­­­­­lu­­­­­tion. Elle est subver­­­­­sive, a contra­­­­­rio du prin­­­­­cipe de Darwin où c’est le plus fort qui gagne ! »

Le monde des Bisou­­­­­nours ?

Pour Marie-Anne, ce qui est fonda­­­­­men­­­­­tal à souli­­­­­gner dans ce livre, c’est que la société clame que nous sommes dans un monde libre, mais au sein de lieux privés et cloi­­­­­son­­­­­nés. Avons-nous oublié que l’en­­­­­traide est un système d’évo­­­­­lu­­­­­tion ?

« Il faut recréer du lien, mais cela semble impos­­­­­sible dans un monde de compé­­­­­ti­­­­­tion qui prend racine dès l’école ! »

Il faut décons­­­­­truire l’idée selon laquelle l’en­­­­­traide équi­­­­­vau­­­­­drait au monde des Bisou­­­­­nours. Il n’est pas facile de recréer des commu­­­­­nau­­­­­tés. Pablo Servigne invite à façon­­­­­ner des groupes plus petits, des clans, des réseaux que l’on veut voir naître avec des valeurs communes. On peut s’ai­­­­­der d’as­­­­­so­­­­­cia­­­­­tions comme le réseau des Tempêtes (spécia­­­­­liste de l’ac­­­­­com­­­­­pa­­­­­gne­­­­­ment pour acqué­­­­­rir la capa­­­­­cité à traver­­­­­ser les tempêtes sans sombrer) ou encore l’as­­­­­so­­­­­cia­­­­­tion Sorry Chil­­­­­dren (qui renforce la simpli­­­­­cité, l’en­­­­­traide et l’au­­­­­to­­­­­no­­­­­mie)… Tout en gardant les services de l’État comme les pompiers, la santé ou l’édu­­­­­ca­­­­­tion… avec un État au pouvoir de déci­­­­­sion moindre car hors-sol !

En vrac… Du débat et ses idées

Alors… pourquoi ne nous rassem­­­­­blons nous pas natu­­­­­rel­­­­­le­­­­­ment puisque cela nous fait du bien ? 
Odile : « L’autre est perçu comme “méchant”, l’autre est aujourd’­­­­­hui un danger ! »
Il existe des groupes, mais ils semblent malheu­­­­­reu­­­­­se­­­­­ment fermés : chorales, clubs de foot, comi­­­­­tés, théâ­­­­­tres… « Ce sont des collec­­­­­tifs légers, qui s’ef­­­­­fritent faci­­­­­le­­­­­ment », répond Sabine en se réfé­­­­­rant au livre. « Des groupes se forment via inter­­­­­­­­­net ; pour­­­­­tant, on ne connaît plus ses voisins car on imagine qu’ils n’ont pas les mêmes inté­­­­­rêts », témoigne Marie-Anne. 

L’au­­­­­teur nous invite à une orga­­­­­ni­­­­­sa­­­­­tion hori­­­­­zon­­­­­tale avec une pointe de verti­­­­­ca­­­­­lité, mais comment choi­­­­­sir qui décide pour le groupe, qui oriente l’édu­­­­­ca­­­­­tion ? 
Odile : « Il existe des person­­­­­na­­­­­li­­­­­tés leaders impliquées orga­­­­­nique­­­­­ment “corps et âme”, que le groupe recon­­­­­naît comme un point de réfé­­­­­rence et qui sont d’ac­­­­­cord pour porter cette expé­­­­­rience. »
Sabine illustre cela par une expé­­­­­rience dans un groupe citoyen et sa diffi­­­­­culté à trou­­­­­ver un leader ; pour­­­­­tant, quelqu’un s’est imposé, mais il n’a pas été reconnu par le groupe !
Cela nous mène sur le chemin de la diver­­­­­sité des groupes et de l’évi­­­­­te­­­­­ment de l’uni­­­­­for­­­­­mi­­­­­sa­­­­­tion d’une société. Cette personne n’était peut-être pas dans le bon groupe ? Dans un autre lieu, au sein d’un autre groupe, son leader­­­­­ship aurait été accueilli et reconnu.
Élisa­­­­­beth l’illustre par une expé­­­­­rience person­­­­­nelle : elle s’est rendue au comité du village pour propo­­­­­ser les services d’Ox­­­­­fam, et le groupe n’a pas su l’ac­­­­­cueillir. Le fonc­­­­­tion­­­­­ne­­­­­ment de ce groupe était de toute évidence construit sur une base patriar­­­­­cale ! 

Ce débat se conclut par un constat : la montée de l’in­­­­­to­­­­­lé­­­­­rance à tout ce qui est diffé­rent de nous.
La société veut faire des wagons spéciaux pour enfants ! On cache nos aînés dans des bâti­­­­­ments cloi­­­­­son­­­­­nés, tout comme les migrants !
Qui reste-t-il alors dans l’es­­­­­pace public qui se recon­­­­­naisse ?
« Il reste les travailleurs » qui font fonc­­­­­tion­­­­­ner un système souvent axé sur la perfor­­­­­mance indi­­­­­vi­­­­­duelle !

Un grand merci à tous et toutes les parti­­­­­ci­­­­­pant.e.s ainsi que pour
l’ac­­­­­cueil très chouette à la biblio­­­­­thèque de Neuf­­­­­châ­­­­­teau !
Prochain rendez-vous le lundi 9 novembre, de 13h à 16h.
Restez connec­­­­­tés pour plus de détails !

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