Revue

Accueil des réfu­giés : Le rendez-vous manqué (Contrastes Avril 2016)

Every­­­­­body welco­­­­­me… Really ?

Accueil des réfugiés : Le rendez-vous manqué (Contrastes Mars 2016)L a crise de l’ac­­­­­cueil des réfu­­­­­giés est le résul­­­­­tat d’une pitoyable
accu­­­­­mu­­­­­la­­­­­tion de rendez-vous manqués.

Le rendez-vous manqué de l’em­­­­­pa­­­­­thie avec des personnes
en extrême souf­­­­­france qui fuient les bombes, la misère, la terreur
et la mort.

Obnu­­­­­bi­­­­­lés par la préten­­­­­due menace que leur
arri­­­­­vée pour­­­­­rait repré­­­­­sen­­­­­ter, nous en arri­­­­­vons à ne plus voir
les réali­­­­­tés de vie – ou de survie – qui les ont pous­­­­­sés à fuir
leurs pays tota­­­­­le­­­­­ment sinis­­­­­trés par la guerre ou la misère.
Le rendez-vous manqué de l’Eu­­­­­rope, qui patauge lamen­­­­­ta­­­­­ble­­­­­ment
lorsqu’il s’agit de faire preuve de soli­­­­­da­­­­­rité et de dignité
vis-à-vis de peuples qui, comme son propre peuple, a dû fuir
les atro­­­­­ci­­­­­tés de la guerre.

Une Europe qui aujourd’­­­­­hui monnaye avec la Turquie la vie de centaines de milliers de personnes
pour que ceux-ci restent, au péril de leur vie, derrière les barbe­­­­­lés
que l’Eu­­­­­rope a érigés pour proté­­­­­ger ses inté­­­­­rêts et mé-
nager son opinion publique.

Le rendez-vous manqué de la Belgique qui, comme la plupart
des pays euro­­­­­péens, use et abuse de moyens plus sour­­­­­nois les uns que les autres pour dissua­­­­­der les migrants de deman­­­­­der l’asile chez nous : cour­­­­­riers noir­­­­­cis­­­­­sant l’image de la Belgique envoyés dans les pays d’ori­­­­­gine, limi­­­­­ta­­­­­tion de la durée du séjour, ferme­­­­­ture tempo­­­­­raire de fron­­­­­tières, décla­­­­­ra­­­­­tions mé- prisantes de nombreux respon­­­­­sables poli­­­­­tiques…

Le rendez-vous manqué de l’opi­­­­­nion publique qui, comme
l’ex­­­­­plique François De Smet dans son inter­­­­­­­­­view, se laisse enva­­­­­hir
par des peurs souvent irra­­­­­tion­­­­­nelles et ne parvient plus
à faire consen­­­­­sus autour de valeurs communes.

Le seul rendez-vous réussi, ce pour­­­­­rait être celui de la société
civile qui s’est rapi­­­­­de­­­­­ment mobi­­­­­li­­­­­sée pour compen­­­­­ser le peu
d’en­­­­­thou­­­­­siasme – et c’est peu dire – des pouvoirs publics pour
procu­­­­­rer un accueil digne de ce nom lors de l’ar­­­­­ri­­­­­vée massive
des réfu­­­­­giés à l’été 2015.

Le terreau asso­­­­­cia­­­­­tif était déjà bien
fertile avant cela, mais grâce au coup de main d’un grand nombre
de béné­­­­­voles, il fait preuve d’une capa­­­­­cité de mobi­­­­­li­­­­­sa­­­­­tion
et d’or­­­­­ga­­­­­ni­­­­­sa­­­­­tion qui se révèle indis­­­­­pen­­­­­sable tant en matière
de premier accueil que de soutien aux poli­­­­­tiques d’in­­­­­té­­­­­gra­­­­­tion.
Que retien­­­­­drons-nous de cette crise de l’ac­­­­­cueil qui, après la
crise de la soli­­­­­da­­­­­rité avec la Grèce, révèle entr’autres les
failles de la construc­­­­­tion euro­­­­­péenne ?

Il est temps de prendre
conscience que, comme le dit François De Smet, les causes
de la migra­­­­­tion sont liées à un déséqui­­­­­libre mondial. Et ce
n’est pas avec des poli­­­­­tiques de dissua­­­­­sion et d’hu­­­­­mi­­­­­lia­­­­­tion et
quelques kilo­­­­­mètres de barbe­­­­­lés qu’on résou­­­­­dra le problème
d’ac­­­­­ca­­­­­pa­­­­­re­­­­­ment des richesses par une élite mondiale provoquant
des inéga­­­­­li­­­­­tés et des conflits dont les enjeux sont de plus en plus souvent géos­­­­­tra­­­­­té­­­­­giques.

Sommaire

p3 Vague migra­­­­­toire : Dans la peau de ceux qui risquent la leur Ils étaient 1,2 million à deman­­­­­der l’asile dans l’UE en 2015. Que raconte ce chiffre ? Une vague ? Un flux ? Pire, une « inva­­­­­sion » ? Pour abor­­­­­der la réalité de ce que certains nomment la « crise » des réfu­­­­­giés, il faut commen­­­­­cer par chan­­­­­ger de pers­­­­­pec­­­­­tive. Avant toute chose, les migra­­­­­tions sont des départs.

p6 Europe : Les murs de la honte La migra­­­­­tion vers l’Eu­­­­­rope a toujours existé mais derniè­­­­­re­­­­­ment, elle connaît une inten­­­­­si­­­­­fi­­­­­ca­­­­­tion sans précé­dent. Force est de consta­­­­­ter qu’aujourd’­­­­­hui, l’UE a dépassé les limites en comp­­­­­tant sur la Turquie pour refou­­­­­ler les réfu­­­­­giés qui souhaitent atteindre l’Eu­­­­­rope, perçue comme la terre du progrès et du respect des droits de l’homme.

p10 Belgique : La poli­­­­­tique de la dissua­­­­­sion Procé­­­­­dures rapides, lutte contre les abus comme préoc­­­­­cu­­­­­pa­­­­­tion centrale, liste (éten­­­­­due) de pays d’ori­­­­­gine dits “sûrs”, campagnes de dissua­­­­­sion. : la vision restric­­­­­tive du gouver­­­­­ne­­­­­ment belge est parti­­­­­cu­­­­­liè­­­­­re­­­­­ment inquié­­­­­tante.

p13Inter­­­­­view : Nous sommes nés du bon côté du jardin Comment nos gouver­­­­­ne­­­­­ments et nos opinions publiques sont-ils en train de réagir à ce phéno­­­­­mène ? Quel rôle l’Eu­­­­­rope veut-elle, peut-elle jouer ? Quelles pistes sont à privi­­­­­lé­­­­­gier pour l’ave­­­­­nir ? Eléments de réponse avec François De Smet, philo­­­­­sophe et direc­­­­­teur du centre Myria.

p17Accueil et inté­­­­­gra­­­­­tion : La société civile se mobi­­­­­lise Par sa capa­­­­­cité et sa rapi­­­­­dité de mobi­­­­­li­­­­­sa­­­­­tion, la société civile repré­­­­­sente un indis­­­­­pen­­­­­sable soutien aux mesures publiques d’ac­­­­­cueil et d’in­­­­­té­­­­­gra­­­­­tion des deman­­­­­deurs d’asile. Sans toute­­­­­fois s’y substi­­­­­tuer.

Prix au n°

Prix au n°  : 2 € (+ frais d’en­­­­­voi)
Pour s’abon­­­­­ner (Contrastes + La Four­­­­­mi­­­­­lière)



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