Revue

Inéga­li­tés sociales : Une place au soleil ? Pas pour tout le monde (décembre 2017)

1% ». Ces 1% les plus riches qui possèdent autant que la moitié la plus pauvre de l’hu­­­­­­­­­­­ma­­­­­­­­­­­nité. Le capi­­­­­­­­­­­ta­­­­­­­­­­­lisme est par essence une fabrique d’iné­­­­­­­­­­­ga­­­­­­­­­­­li­­­­­­­­­­­tés, le capi­­­­­­­­­­­tal se nour­­­­­­­­­­­ris­­­­­­­­­­­sant de lui-même. A moins que les poli­­­­­­­­­­­tiques ne parviennent à impo­­­­­­­­­­­ser une vraie redis­­­­­­­­­­­tri­­­­­­­­­­­bu­­­­­­­­­­­tion et une répar­­­­­­­­­­­ti­­­­­­­­­­­tion de la richesse qui béné­­­­­­­­­­­fi­­­­­­­­­­­cie aussi aux salaires.

Mais depuis 30 ans, les fortunes échappent à une fisca­­­­­­­­­­­lité pour­­­­­­­­­­­tant en baisse : jeux d’in­­­­­­­­­­­fluence, corrup­­­­­­­­­­­tion, évasion et fraude fiscale. « Plus de la moitié de la fraude fiscale est pratiquée par les 10% les plus riches  » dénonce Daniel Puis­­­­­­­­­­­sant, coor­­­­­­­­­­­di­­­­­­­­­­­na­­­­­­­­­­­teur du Réseau justice fiscale, dans l’in­­­­­­­­­­­ter­­­­­­­­­­­view de ce dossier de Contrastes (p. 10). Les pays les plus pauvres sont les plus touchés par la perte de recettes publiques que cela entraîne.
Une perte esti­­­­­­­­­­­mée à 350 milliards pour l’en­­­­­­­­­­­semble du monde. Pendant ce temps, la concen­­­­­­­­­­­tra­­­­­­­­­­­tion des patri­­­­­­­­­­­moines engendre des fortunes privées colos­­­­­­­­­­­sales.
Nous le verrons dans l’ar­­­­­­­­­­­ticle « La fortune sourit à ceux… qui l’ont déjà ». (p3)

Les inéga­­­­­­­­­­­li­­­­­­­­­­­tés au sein des pays sont telles que le FMI fait ce constat surpre­­­­­­­­­­­nant venant de cette insti­­­­­­­­­­­tu­­­­­­­­­­­tion moné­­­­­­­­­­­taire inter­­­­­­­­­­­­­­­­­­­­­na­­­­­­­­­­­tio­­­­­­­­­­­nale : les recettes néoli­­­­­­­­­­­bé­­­­­­­­­­­rales ne marchent pas. Taxer les plus riches ne frei­­­­­­­­­­­ne­­­­­­­­­­­rait pas la crois­­­­­­­­­­­san­­­­­­­­­­­ce… que du contraire !

La Belgique échappe-t-elle à ce creu­­­­­­­­­­­se­­­­­­­­­­­ment des inéga­­­­­­­­­­­li­­­­­­­­­­­tés ? Oui… et non. Pour bien le comprendre, il faut distin­­­­­­­­­­­guer les reve­­­­­­­­­­­nus (du travail) et la richesse (le patri­­­­­­­­­­­moine) et obser­­­­­­­­­­­ver les inéga­­­­­­­­­­­li­­­­­­­­­­­tés d’un côté et de l’autre. L’ar­­­­­­­­­­­ticle : « Reve­­­­­­­­­­­nus et richesse : le grand écart » s’y attèle. (p.8)

Côté reve­­­­­­­­­­­nus du travail, les travailleurs les moins quali­­­­­­­­­­­fiés sont parmi les plus mena­­­­­­­­­­­cés d’ap­­­­­­­­­­­pau­­­­­­­­­­­vris­­­­­­­­­­­se­­­­­­­­­­­ment. Ce rapport entre bagage forma­­­­­­­­­­­tif et revenu nous amène aussi à ques­­­­­­­­­­­tion­­­­­­­­­­­ner le rôle du système scolaire dans la lutte contre les inéga­­­­­­­­­­­li­­­­­­­­­­­tés. Coût de l’édu­­­­­­­­­­­ca­­­­­­­­­­­tion, exis­­­­­­­­­­­tence d’un marché scolaire, diffi­­­­­­­­­­­cul­­­­­­­­­­­tés à appré­­­­­­­­­­­hen­­­­­­­­­­­der les réali­­­­­­­­­­­tés socio­­­­­­­­­­­lo­­­­­­­­­­­giques, l’école est confron­­­­­­­­­­­tée à d’énormes défis, analy­­­­­­­­­­­sés dans l’ar­­­­­­­­­­­ticle « Bonnet d’âne pour la Belgique ». (p12)

Avec les boule­­­­­­­­­­­ver­­­­­­­­­­­se­­­­­­­­­­­ments clima­­­­­­­­­­­tiques, les inéga­­­­­­­­­­­li­­­­­­­­­­­tés prennent encore une autre tour­­­­­­­­­­­nure. Car c’est aussi chez les plus pauvres que les impacts sont les plus lourds, tandis que les plus riches ont forcé­­­­­­­­­­­ment les moyens de polluer et de ponc­­­­­­­­­­­tion­­­­­­­­­­­ner bien davan­­­­­­­­­­­tage les ressources. Là encore, la justice fiscale figure parmi les premières pistes. A lire dans « Tran­­­­­­­­­­­si­­­­­­­­­­­tion écolo­­­­­­­­­­­gique juste ? Pas sans la justice sociale ». (p. 15)

Winnie Byanyima, direc­­­­­­­­­­­trice d’Ox­­­­­­­­­­­fam inter­­­­­­­­­­­­­­­­­­­­­na­­­­­­­­­­­tio­­­­­­­­­­­nal prévient : les inéga­­­­­­­­­­­li­­­­­­­­­­­tés « frac­­­­­­­­­­­turent les socié­­­­­­­­­­­tés et affai­­­­­­­­­­­blissent la démo­­­­­­­­­­­cra­­­­­­­­­­­tie ». Peut-on voir une corré­­­­­­­­­­­la­­­­­­­­­­­tion entre l’aug­­­­­­­­­­­men­­­­­­­­­­­ta­­­­­­­­­­­tion des inéga­­­­­­­­­­­li­­­­­­­­­­­tés et la méfiance crois­­­­­­­­­­­sante vis-à-vis des insti­­­­­­­­­­­tu­­­­­­­­­­­tions ? Ce qui est sûr, c’est qu’il y a un seuil au-delà duquel l’iné­­­­­­­­­­­ga­­­­­­­­­­­lité devient injus­­­­­­­­­­­tice insup­­­­­­­­­­­por­­­­­­­­­­­table. Dans « Les inéga­­­­­­­­­­­li­­­­­­­­­­­tés, terreau du déga­­­­­­­­­­­gisme » (p. 16), nous verrons quel est le poids de la pauvreté rela­­­­­­­­­­­tive et que les humains font partie des animaux qui ont, dès leur très jeune âge, un immense besoin d’éga­­­­­­­­­­­lité.

Chris­­­­­­­­­­­tine Stein­­­­­­­­­­­bach

Sommaire

p2  – Edito – Une immense besoin d’éga­­­­­­­­­­­lité  

Les 1% les plus riches possèdent autant que la moitié la plus pauvre de l’hu­­­­­­­­­­­ma­­­­­­­­­­­nité.
Les inéga­­­­­­­­­­­li­­­­­­­­­­­tés au sein des pays sont telles que le FMI fait ce constat surpre­­­­­­­­­­­nant venant de cette insti­­­­­­­­­­­tu­­­­­­­­­­­tion moné­­­­­­­­­­­taire inter­­­­­­­­­­­­­­­­­­­­­na­­­­­­­­­­­tio­­­­­­­­­­­nale : les recettes néoli­­­­­­­­­­­bé­­­­­­­­­­­rales ne marchent pas. Taxer les plus riches ne frei­­­­­­­­­­­ne­­­­­­­­­­­rait pas la crois­­­­­­­­­­­san­­­­­­­­­­­ce… que du contraire !

p3 – Inéga­­­­­­­­­­­li­­­­­­­­­­­tés écono­­­­­­­­­­­miques – La fortune sourit à ceux… qui l’ont déjà 

En 2013, le Forum écono­­­­­­­­­­­mique mondial décla­­­­­­­­­­­rait que les inéga­­­­­­­­­­­li­­­­­­­­­­­tés écono­­­­­­­­­­­miques crois­­­­­­­­­­­santes sont la prin­­­­­­­­­­­ci­­­­­­­­­­­pale menace pour la stabi­­­­­­­­­­­lité sociale. Quatre ans plus tard, l’éco­­­­­­­­­­­no­­­­­­­­­­­mie demeure toujours au service des 1%. L’éva­­­­­­­­­­­sion fiscale en est un pilier. Mais aussi cette idée que seules les inéga­­­­­­­­­­­li­­­­­­­­­­­tés « exces­­­­­­­­­­­sives » sont problé­­­­­­­­­­­ma­­­­­­­­­­­tiques.

p6 – Poli­­­­­­­­­­­tique fiscale – Le « miracle » néoli­­­­­­­­­­­bé­­­­­­­­­­­ral désa­­­­­­­­­­­voué par le FMI 

Dans sa dernière étude sur les inéga­­­­­­­­­­­li­­­­­­­­­­­tés, le FMI prône une hausse des impôts pour les plus riches. Et prend ses distances avec l’idée selon laquelle les taxes affectent la crois­­­­­­­­­­­sance écono­­­­­­­­­­­mique.
Voilà qui met du plomb dans l’aile des théo­­­­­­­­­­­ries néoli­­­­­­­­­­­bé­­­­­­­­­­­rales !

p8 – Belgique – Reve­­­­­­­­­­­nus et richesse : le grand écart

La Belgique est consi­­­­­­­­­­­dé­­­­­­­­­­­rée au niveau inter­­­­­­­­­­­­­­­­­­­­­na­­­­­­­­­­­tio­­­­­­­­­­­nal comme peu inéga­­­­­­­­­­­li­­­­­­­­­­­taire en termes de reve­­­­­­­­­­­nus. Para­­­­­­­­­­­doxal ? Pas du tout. Car il faut faire la diffé­­­­­­­­­­­rence entre les reve­­­­­­­­­­­nus et la richesse.
En page 10, Daniel Puis­­­­­­­­­­­sant nous explique pourquoi la fisca­­­­­­­­­­­lité ne corrige pas les inéga­­­­­­­­­­­li­­­­­­­­­­­tés.

p12 – Ensei­­­­­­­­­­­gne­­­­­­­­­­­ment – Bonnet d’âne pour la Belgique

Les chiffres sont criants : Dans notre pays, en Commu­­­­­­­­­­­nauté française, un enfant issu d’un milieu favo­­­­­­­­­­­risé a six fois plus de chances de faire partie des meilleurs élèves qu’un enfant issu d’une famille défa­­­­­­­­­­­vo­­­­­­­­­­­ri­­­­­­­­­­­sée. Contre sept côté flamand.

p16 – Défiance poli­­­­­­­­­­­tique – Les inéga­­­­­­­­­­­li­­­­­­­­­­­tés, terreau du déga­­­­­­­­­­­gisme

Certains s’inquiètent de la montée des popu­­­­­­­­­­­lismes et du climat malsain qui s’ins­­­­­­­­­­­talle dans nos socié­­­­­­­­­­­tés. Par ailleurs, les rapports indiquent une explo­­­­­­­­­­­sion des inéga­­­­­­­­­­­li­­­­­­­­­­­tés. Cet article tente d’éta­­­­­­­­­­­blir des liens entre les deux phéno­­­­­­­­­­­mènes.

Prix au n°:  2€ + frais d’en­­­­­­­­­­­­­­­­­­­­­­­­­­­­­­­­­­­­­­­­­­­­­­­­­­­­­­­­­­­­­­­­­­voi

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