Revue

Nouvelle gauche en Europe : Casser l’en­gre­nage de l’aus­té­rité (Contrastes août 2016)

En finir avec le chan­­­­­­­tage

Nouvelle gauche en Europe : Casser l’engrenage de l’austérité (Contrastes Juillet 2016)« La gauche en ruines », c’est le titre du dernier numéro de la Revue Nouvelle. A voir la compo­­­­­­­si­­­­­­­tion du Parle­­­­­­­ment euro­­­­­­­péen et de la toute grande majo­­­­­­­rité des gouver­­­­­­­ne­­­­­­­ments natio­­­­­­­naux, on ne peut qu’adhé­­­­­­­rer à ce constat. Encore faut-il savoir de quelle gauche on parle… Celle qui a renoncé à une rupture franche avec le capi­­­­­­­ta­­­­­­­lisme et s’est lais­­­­­­­sée un peu trop séduire par les sirènes du néoli­­­­­­­bé­­­­­­­ra­­­­­­­lisme ?

Oui, la plupart des partis socia­­­­­­­listes euro­­­­­­­péens en sont arri­­­­­­­vés là et perdent du terrain, y compris dans les pays où ils sont au pouvoir, en France par exemple.

En Belgique, les socia­­­­­­­listes au pouvoir pendant plus de 25 ans font une cure d’op­­­­­­­po­­­­­­­si­­­­­­­tion au fé- déral, et la gauche (tant sociale-démo­­­­­­­crate que radi­­­­­­­cale) peine à se faire entendre, surtout au nord du pays. Ou parle-t-on de la « nouvelle gauche » ou « gauche radi­­­­­­­cale », qui a trouvé un souffle puis­­­­­­­sant dans la lutte contre les poli­­­­­­­tiques d’aus­­­­­­­té­­­­­­­rité impo­­­­­­­sées par l’UE et appliquées par les Etats comme de bons petits soldats ?

Comme nous le verrons dans ce dossier, cette gauche-là a connu des succès élec­­­­­­­to­­­­­­­raux dans les pays les plus touchés par la crise, en parti­­­­­­­cu­­­­­­­lier dans le sud de l’Eu­­­­­­­rope (Grèce, Espagne, Portu­­­­­­­gal). Ils y ont connu des victoires, mais ils sont loin d’avoir gagné le bras de fer que leur impose l’UE et/ou leurs diri­­­­­­­geants natio­­­­­­­naux pour faire passer des mesures d’aus­­­­­­­té­­­­­­­rité. En Grèce, Syriza en a fait la doulou­­­­­­­reuse expé­­­­­­­rience. En Espagne, Pode­­­­­­­mos a gagné sur le terrain muni­­­­­­­ci­­­­­­­pal mais n’a pas réussi à impo­­­­­­­ser son agenda au niveau natio­­­­­­­nal.

Et au Portu­­­­­­­gal, le Bloco soutient de l’ex­­­­­­­té­­­­­­­rieur le Parti Socia­­­­­­­liste au pouvoir pour que celui-ci rompe avec les mesures anti­­­­­­­so­­­­­­­ciales des gouver­­­­­­­ne­­­­­­­ments de droite précé­­­­­­­dents. Qu’ils soient issus d’al­­­­­­­liances entre de petits partis ou mouve­­­­­­­ments d’ex­­­­­­­trême gauche (comme Syriza en Grèce ou le Bloco au Portu­­­­­­­gal), ou de mouve­­­­­­­ments sociaux (comme les Indi­­­­­­­gnés en Espagne), ces partis ont un puis­­­­­­­sant point commun : rompre avec les poli­­­­­­­tiques d’aus­­­­­­­té­­­­­­­rité qui appau­­­­­­­vrissent les peuples et en finir avec le chan­­­­­­­tage imposé par les insti­­­­­­­tu­­­­­­­tions finan­­­­­­­cières et euro­­­­­­­péennes (la Troïka) : « On vous prête de l’argent pour rembour­­­­­­­ser votre dette, mais en compen­­­­­­­sa­­­­­­­tion, vous devez appliquer des mesures d’aus­­­­­­­té­­­­­­­rité dras­­­­­­­tiques : dimi­­­­­­­nu­­­­­­­tion des salaires et des pensions, rabo­­­­­­­tage des droits sociaux, vente des biens publics… »

Pour Eric Tous­­­­­­­saint, porte-parole du CADTM inter­­­­­­­­­­­­­viewé dans ce numéro, la gauche radi­­­­­­­cale doit être… radi­­­­­­­cale et intran­­­­­­­si­­­­­­­geante sur ce point : il faut refu­­­­­­­ser caté­­­­­­­go­­­­­­­rique­­­­­­­ment d’en­­­­­­­trer dans ce chan­­­­­­­tage et prou­­­­­­­ver que les dettes contrac­­­­­­­tées par les Etats au cours des dernières décen­­­­­­­nies sont illé­­­­­­­gi­­­­­­­times, voire odieuses.

Pour lui comme pour de nombreux acti­­­­­­­vistes enga­­­­­­­gés dans ce combat, « il faut un Plan B pour la gauche euro­­­­­­­péenne », le Plan A étant celui de la capi­­­­­­­tu­­­­­­­la­­­­­­­tion face aux injonc­­­­­­­tions des insti­­­­­­­tu­­­­­­­tions finan­­­­­­­cières de l’UE, comme cela s’est produit en Grèce. Selon lui, ce Plan B est indis­­­­­­­pen­­­­­­­sable si on veut chan­­­­­­­ger le cap du navire Europe et ne pas lais­­­­­­­ser un boule­­­­­­­vard à l’ex­­­­­­­trême droite, qui surfe sur la vague anti-euro­­­­­­­péenne pour des raisons beau­­­­­­­coup moins nobles…

SOMMAIRE

p3 – GRECE : Syriza et l’or­­­­­­­tho­­­­­­­doxie budgé­­­­­­­taire de l’UE

Le 15 juillet 2015 restera dans les mémoires d’Alexis Tsipras, le leader du parti Syriza, comme un tour­­­­­­­nant dans l’as­­­­­­­cen­­­­­­­sion de son parti. Mais sous la pres­­­­­­­sion des créan­­­­­­­ciers, de profondes divi­­­­­­­sions ont vu le jour et la belle histoire du parti Syriza a pris du plomb dans l’aile.

p6 – ESPAGNE/ Pode­­­­­­­mos : La fraî­­­­­­­cheur et l’im­­­­­­­passe ?

La nais­­­­­­­sance du parti espa­­­­­­­gnol Pode­­­­­­­mos, en janvier 2014, a suscité de grandes espé­­­­­­­rances. Présenté comme le prolon­­­­­­­ge­­­­­­­ment du mouve­­­­­­­ment des Indi­­­­­­­gnés, il s’est imposé sur la scène poli­­­­­­­tique espa­­­­­­­gnole. Aujourd’­­­­­­­hui, après la tenue de nouvelles élec­­­­­­­tions, le parti s’est main­­­­­­­tenu, sans émer­­­­­­­ger, sans chuter.

p10 –PORTUGAL : Il faut arro­­­­­­­ser les œillets…

Le Portu­­­­­­­gal a vu émer­­­­­­­ger en 1999 un mouve­­­­­­­ment poli­­­­­­­tique hérité de la Révo­­­­­­­lu­­­­­­­tion des œillets de 1974. Aujourd’­­­­­­­hui, le Bloco soutient de l’ex­­­­­­­té­­­­­­­rieur le Parti socia­­­­­­­liste au pouvoir pour résis­­­­­­­ter aux injonc­­­­­­­tions euro­­­­­­­péennes et tenter de promou­­­­­­­voir des poli­­­­­­­tiques sociales justes.

p13 – INTERVIEW : La gauche ne peut pas jouer les Bisou­­­­­­­nours

Eric Tous­­­­­­­saint (CADTM) parcourt le monde pour soute­­­­­­­nir les mouve­­­­­­­ments de gauche qui militent en faveur de l’an­­­­­­­nu­­­­­­­la­­­­­­­tion de la dette de leur pays. Il combat ferme­­­­­­­ment les poli­­­­­­­tiques euro­­­­­­­péennes d’aus­­­­­­­té­­­­­­­rité qui appau­­­­­­­vrissent les peuples. Rencontre riche avec un homme de convic­­­­­­­tion.

p17 – BELGIQUE : Fronts de gauche à l’ho­­­­­­­ri­­­­­­­zon ?

Les élec­­­­­­­tions de 2014 ont lancé le paque­­­­­­­bot fédé­­­­­­­ral Belgique à droite toute. Même orien­­­­­­­ta­­­­­­­tion en Flandre. Les régions wallonne et bruxel­­­­­­­loise ont conservé un centre-gauche mais leur marge de manœuvre reste étriquée. Une alliance des partis de gauche semble plus perti­­­­­­­nente que jamais. Est-elle réali­­­­­­­sable ?

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