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Le lundi 22 juin, un collec­tif de citoyens d’Ar­lon s’est rassem­blé pour expri­mer ses inquié­tudes face aux prises de déci­sions de notre gouver­ne­ment actuel.

Dans une démo­cra­tie vivante, écou­ter ne suffit pas. Il est essen­tiel de pouvoir répondre, ques­tion­ner et contes­ter lorsque certaines orien­ta­tions poli­tiques mettent en danger l’ave­nir de notre société.
Depuis plusieurs mois, de nombreux signaux nous inquiètent. Des choix poli­tiques fragi­lisent des secteurs entiers de la popu­la­tion et remettent en cause des équi­libres fonda­men­taux. Le monde asso­cia­tif, cultu­rel et social est affai­bli. Les réformes du chômage et des pensions accen­tuent les incer­ti­tudes. Le coût des études supé­rieures augmente, tandis que l’en­sei­gne­ment subit des attaques répé­tées. Les mesures adop­tées aggravent la préca­rité et limitent l’ac­cès à une éduca­tion réel­le­ment gratuite.
Dans le même temps, le travail se déshu­ma­nise, les contre-pouvoirs sont mis sous pres­sion, et les liber­tés asso­cia­tives sont fragi­li­sées. Une logique de divi­sion s’ins­talle, nour­ris­sant les tensions sociales. Le pouvoir d’achat recule, tandis que certaines idées d’ex­trême droite se bana­lisent. La presse elle-même est la cible d’at­taques récur­rentes, menaçant le droit à une infor­ma­tion libre et indé­pen­dante.
Face à ces évolu­tions, nous refu­sons les discours fata­listes qui prétendent qu’« il n’y a pas d’al­ter­na­tive ». Nous reje­tons une société fondée sur la concur­rence géné­ra­li­sée plutôt que sur la soli­da­rité. Nous refu­sons le déman­tè­le­ment progres­sif des services publics, de l’édu­ca­tion et des méca­nismes de soli­da­rité collec­tive.
Nos inquié­tudes sont profondes. Nous consta­tons un recul de la démo­cra­tie et de l’État de droit, ainsi qu’une concen­tra­tion crois­sante des richesses entre les mains d’une mino­rité. Les violences poli­cières et les choix de réar­me­ment, au détri­ment des inves­tis­se­ments sociaux, inter­rogent nos prio­ri­tés collec­tives. Les enjeux clima­tiques et la protec­tion du vivant dispa­raissent progres­si­ve­ment de l’agenda poli­tique, tandis que les gouver­ne­ments s’alignent sur des logiques de puis­sance qui affai­blissent le droit inter­na­tio­nal.
Pour­tant, nous restons porteurs d’une autre vision. Nous croyons qu’une société forte est une société qui inves­tit d’abord dans l’hu­main. Nous affir­mons que l’ave­nir se construit par le dialogue, la coopé­ra­tion et la soli­da­rité, et non par la dési­gna­tion de boucs émis­saires. Nous défen­dons la justice sociale, l’éga­lité des droits et le respect du vivant comme fonde­ments essen­tiels d’un projet collec­tif.
Parce qu’une société ne se mesure pas unique­ment à ses indi­ca­teurs écono­miques, mais à la manière dont elle prend soin de chacune et chacun, nous appe­lons à remettre l’hu­main au cœur des choix poli­tiques.
Les Equipes Popu­laires Luxem­bourg ont co/signé cette tribune à l’ini­tia­tive du collec­tif.
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©️Photo TV Lux 

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