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Luxem­bourg : Danser, créer, témoi­gner : quand les migra­tions se racontent

La régio­­­­­­­­­­­­­nale des Équipes Popu­­­­­­­­­­­­­laires du Luxem­­­­­­­­­­­­­bourg est un membre très actif de la COLUXAM, la Coor­­­­­­­­­­­­­di­­­­­­­­­­­­­na­­­­­­­­­­­­­tion Luxem­­­­­­­­­­­­­bour­­­­­­­­­­­­­geoise Asile Migra­­­­­­­­­­­­­tion. Tout au long de l’an­­­­­­­­­­­­­née, la régio­­­­­­­­­­­­­nale du Luxem­­­­­­­­­­­­­bourg travaille d’ailleurs la théma­­­­­­­­­­­­­tique de l’im­­­­­­­­­­­­­mi­­­­­­­­­­­­­gra­­­­­­­­­­­­­tion avec des groupes formés par des citoyens et des personnes réfu­­­­­­­­­­­­­giées. Fin 2025, à l’oc­­­­­­­­­­­­­ca­­­­­­­­­­­­­sion de la jour­­­­­­­­­­­­­née inter­­­­­­­­­­­­­­­­­­­­­­­­­na­­­­­­­­­­­­­tio­­­­­­­­­­­­­nale des personnes migrantes le 18 décembre, la COLUXAM a orga­­­­­­­­­­­­­nisé une semaine spéciale inti­­­­­­­­­­­­­tu­­­­­­­­­­­­­lée « Allô le monde », du 14 au 19 décembre. Une série de spec­­­­­­­­­­­­­tacles, rencontres et ateliers, ainsi qu’une expo­­­­­­­­­­­­­si­­­­­­­­­­­­­tion où les Équipes se sont énor­­­­­­­­­­­­­mé­­­­­­­­­­­­­ment inves­­­­­­­­­­­­­ties. Retour sur une semaine qui a du sens.

C’est Domi­­­­­­­­­­­­­nique Verhae­­­­­­­­­­­­­ren, coor­­­­­­­­­­­­­di­­­­­­­­­­­­­na­­­­­­­­­­­­­trice de la régio­­­­­­­­­­­­­nale du Luxem­­­­­­­­­­­­­bourg, qui nous explique en quoi consis­­­­­­­­­­­­­tait le rôle des Équipes Popu­­­­­­­­­­­­­laires dans cette semaine spéciale : « Nous sommes à la COLUXAM depuis huit ans. Chaque année, il y a trois moments forts au sein de cette plate­­­­­­­­­­­­­forme : la jour­­­­­­­­­­­­­née de lutte contre le racisme le 21 mars, la jour­­­­­­­­­­­­­née inter­­­­­­­­­­­­­­­­­­­­­­­­­na­­­­­­­­­­­­­tio­­­­­­­­­­­­­nale des migrants le 20 juin et la jour­­­­­­­­­­­­­née inter­­­­­­­­­­­­­­­­­­­­­­­­­na­­­­­­­­­­­­­tio­­­­­­­­­­­­­nale des migrants le 18 décembre. Lors de cette dernière date, nous essayons de faire soit une inter­­­­­­­­­­­­­­­­­­­­­­­­­pel­­­­­­­­­­­­­la­­­­­­­­­­­­­tion poli­­­­­­­­­­­­­tique, soit d’al­­­­­­­­­­­­­ler plutôt à la rencontre du grand public. Il y a deux ans, nous avions invité des candi­­­­­­­­­­­­­dats aux élec­­­­­­­­­­­­­tions afin de connaitre leur posi­­­­­­­­­­­­­tion par rapport à certaines théma­­­­­­­­­­­­­tiques.

Cette année, nous avons décidé de mettre les petits plats dans les grands pour aller à la rencontre des gens. Il y avait une envie de montrer tout le travail, toutes les actions déjà réali­­­­­­­­­­­­­sées. C’est comme ça qu’est venue l’idée de faire une semaine autour de la théma­­­­­­­­­­­­­tique migra­­­­­­­­­­­­­tions avec une expo­­­­­­­­­­­­­si­­­­­­­­­­­­­tion pour montrer au grand public la plura­­­­­­­­­­­­­lité de la COLUXAM, qui est compo­­­­­­­­­­­­­sée d’as­­­­­­­­­­­­­so­­­­­­­­­­­­­cia­­­­­­­­­­­­­tions, de citoyens, de collec­­­­­­­­­­­­­tifs citoyens… »

17 ans d’ac­­­­­­­­­­­­­tion en expo

Tout au long de la semaine, les visi­­­­­­­­­­­­­teurs ont pu déam­­­­­­­­­­­­­bu­­­­­­­­­­­­­ler dans cette expo­­­­­­­­­­­­­si­­­­­­­­­­­­­tion repre­­­­­­­­­­­­­nant diffé­­­­­­­­­­­­­rentes créa­­­­­­­­­­­­­tions et réali­­­­­­­­­­­­­sa­­­­­­­­­­­­­tions produites par la COLUXAM et ses parte­­­­­­­­­­­­­naires au cours des dernières années, mettant en lumière la richesse des colla­­­­­­­­­­­­­bo­­­­­­­­­­­­­ra­­­­­­­­­­­­­tions menées sur le terrain. Les créa­­­­­­­­­­­­­tions des Équipes Popu­­­­­­­­­­­­­laires du Luxem­­­­­­­­­­­­­bourg, qui font plei­­­­­­­­­­­­­ne­­­­­­­­­­­­­ment partie de la COLUXAM depuis sept ans et qui ont contri­­­­­­­­­­­­­bué acti­­­­­­­­­­­­­ve­­­­­­­­­­­­­ment à ces dyna­­­­­­­­­­­­­miques collec­­­­­­­­­­­­­tives, aux actions de sensi­­­­­­­­­­­­­bi­­­­­­­­­­­­­li­­­­­­­­­­­­­sa­­­­­­­­­­­­­tion ainsi qu’aux projets artis­­­­­­­­­­­­­tiques et citoyens, étaient large­­­­­­­­­­­­­ment présentes dans l’ex­­­­­­­­­­­­­po­­­­­­­­­­­­­si­­­­­­­­­­­­­tion. Collages, photos, messa­­­­­­­­­­­­­ges… comme le détaille Domi­­­­­­­­­­­­­nique : « Dans l’ex­­­­­­­­­­­­­po­­­­­­­­­­­­­si­­­­­­­­­­­­­tion, il y avait toutes les campagnes auxquelles on a parti­­­­­­­­­­­­­cipé. Par exemple, les portraits en noir et blanc de personnes réfu­­­­­­­­­­­­­giées inti­­­­­­­­­­­­­tu­­­­­­­­­­­­­lés « Et si c’était toi dehors ? » que nous avions réali­­­­­­­­­­­­­sés en 2023, en réponse à la secré­­­­­­­­­­­­­taire d’État belge à l’Asile et la Migra­­­­­­­­­­­­­tion de l’époque, Nicole de Moor, qui avait annoncé la suspen­­­­­­­­­­­­­sion tempo­­­­­­­­­­­­­raire de l’ac­­­­­­­­­­­­­cueil des hommes seuls deman­­­­­­­­­­­­­deurs d’asile dans les centres Feda­­­­­­­­­­­­­sil.

Nous avons aussi exposé le filet réalisé en colsons, un gros projet lancé au départ par le CNCD et les communes hospi­­­­­­­­­­­­­ta­­­­­­­­­­­­­lières mais repris par la COLUXAM et certaines de ses asso­­­­­­­­­­­­­cia­­­­­­­­­­­­­tions. Nous avons conti­­­­­­­­­­­­­nué à construire ce filet qui repré­­­­­­­­­­­­­sente les personnes migrantes en utili­­­­­­­­­­­­­sant symbo­­­­­­­­­­­­­lique­­­­­­­­­­­­­ment le moyen avec lequel on les entrave quand on les arrête. Ont aussi été expo­­­­­­­­­­­­­sées toutes les toiles réali­­­­­­­­­­­­­sées par les Équipes Popu­­­­­­­­­­­­­laires avec le centre Feda­­­­­­­­­­­­­sil de Senon­­­­­­­­­­­­­champs et avec le home « Sans souci » de Bastogne dans le cadre de l’ani­­­­­­­­­­­­­ma­­­­­­­­­­­­­tion « Parlons migra­­­­­­­­­­­­­tion », sur base des témoi­­­­­­­­­­­­­gnages de personnes qui sont toujours sur le chemin de l’exil ». Durant la semaine, en marge de l’ex­­­­­­­­­­­­­po­­­­­­­­­­­­­si­­­­­­­­­­­­­tion, les Équipes Popu­­­­­­­­­­­­­laires ont animé un atelier créa­­­­­­­­­­­­­tif sur ce qui est le plus diffi­­­­­­­­­­­­­cile, cultu­­­­­­­­­­­­­rel­­­­­­­­­­­­­le­­­­­­­­­­­­­ment, quand on arrive dans un nouveau pays… et le collec­­­­­­­­­­­­­tif #avec­­­­­­­­­­­­­toi­­­­­­­­­­­­­gaza est venu parti­­­­­­­­­­­­­ci­­­­­­­­­­­­­per à divers ateliers pour présen­­­­­­­­­­­­­ter des messages de soli­­­­­­­­­­­­­da­­­­­­­­­­­­­ri­­­­­­­­­­­­­tés avec le peuple pales­­­­­­­­­­­­­ti­­­­­­­­­­­­­nien. Une soixan­­­­­­­­­­­­­taine de personnes se sont succédé dans ces ateliers. Par ailleurs, le projet « Parlons migra­­­­­­­­­­­­­tion », porté par les Équipes Popu­­­­­­­­­­­­­laires du Luxem­­­­­­­­­­­­­bourg se pour­­­­­­­­­­­­­sui­­­­­­­­­­­­­vra en 2026, prolon­­­­­­­­­­­­­geant les réflexions et actions enga­­­­­­­­­­­­­gées autour des ques­­­­­­­­­­­­­tions migra­­­­­­­­­­­­­toires.

Une semaine pour réflé­­­­­­­­­­­­­chir

La semaine « Allô le monde » a débuté le dimanche, avec un petit déjeu­­­­­­­­­­­­­ner proposé par le groupe Vigi­­­­­­­­­­­­­lance démo­­­­­­­­­­­­­cra­­­­­­­­­­­­­tique du Miroir Vaga­­­­­­­­­­­­­bond, sur base de l’in­­­­­­­­­­­­­ter­­­­­­­­­­­­­pel­­­­­­­­­­­­­la­­­­­­­­­­­­­tion : « Migra­­­­­­­­­­­­­tion, un fléau ou une richesse ? ». Mardi, une projec­­­­­­­­­­­­­tion de cinéma enga­­­­­­­­­­­­­gée a fait décou­­­­­­­­­­­­­vrir aux spec­­­­­­­­­­­­­ta­­­­­­­­­­­­­teurs « L’été de Jahia », un film tourné dans le centre d’ac­­­­­­­­­­­­­cueil Croix-Rouge de Frai­­­­­­­­­­­­­pont par le réali­­­­­­­­­­­­­sa­­­­­­­­­­­­­teur belge Olivier Meys. Jahia, 15 ans, ayant fui le Sahel avec sa mère, rencontre Mila, une adoles­­­­­­­­­­­­­cente biélo­­­­­­­­­­­­­russe solaire, dans un centre d’ac­­­­­­­­­­­­­cueil pour deman­­­­­­­­­­­­­deurs d’asile en Belgique. Leur amitié naît de leurs soli­­­­­­­­­­­­­tudes croi­­­­­­­­­­­­­sées, unis­­­­­­­­­­­­­sant la méfiance de l’une à l’op­­­­­­­­­­­­­ti­­­­­­­­­­­­­misme de l’autre, avant que l’ordre de quit­­­­­­­­­­­­­ter le terri­­­­­­­­­­­­­toire de Mila ne menace de briser ce lien précieux.

Jeudi, après une présen­­­­­­­­­­­­­ta­­­­­­­­­­­­­tion de la COLUXAM et un apéro de bien­­­­­­­­­­­­­ve­­­­­­­­­­­­­nue, la soirée a été placée sous le signe artis­­­­­­­­­­­­­tique. Pour commen­­­­­­­­­­­­­cer, la chorale mili­­­­­­­­­­­­­tante « La Vaga­­­­­­­­­­­­­bonde » s’est fendue d’un détour­­­­­­­­­­­­­ne­­­­­­­­­­­­­ment bien pensé de la chan­­­­­­­­­­­­­son « Les petits papiers » de Régine, en réin­­­­­­­­­­­­­ter­­­­­­­­­­­­­pré­­­­­­­­­­­­­tant les paroles : « Lais­­­­­­­­­­­­­sons entrer les sans-papiers, sont pas dange­­­­­­­­­­­­­reux mais en danger, sont pas nombreux c’est des idées, papiers méfiés. Lais­­­­­­­­­­­­­sons sortir les sans-papiers, désac­­­­­­­­­­­­­ti­­­­­­­­­­­­­ver les centres fermés, qu’en­­­­­­­­­­­­­fin ils puissent se réfu­­­­­­­­­­­­­gier ; papiers rêvés ».

La chorale a offert au public des chan­­­­­­­­­­­­­sons puis­­­­­­­­­­­­­santes sur ce qui pousse des personnes à quit­­­­­­­­­­­­­ter leur pays, leur lieu de vie rasés et détruits, où la popu­­­­­­­­­­­­­la­­­­­­­­­­­­­tion est affa­­­­­­­­­­­­­mée, ou encore sur les exclu­­­­­­­­­­­­­sions des malades dont on parle énor­­­­­­­­­­­­­mé­­­­­­­­­­­­­ment dans notre pays. Poésie, chant, émotion étaient aussi au rendez-vous durant le spec­­­­­­­­­­­­­tacle qui suivait : « Martha, Sofia… entre deux terres » avec Marie Bylyna et Thierry Hercod (Accom­­­­­­­­­­­­­pa­­­­­­­­­­­­­gne­­­­­­­­­­­­­ment artis­­­­­­­­­­­­­tique Sandra Vincent). Marie, petite-fille de Martha et Sofia, a raconté avec tendresse comment leurs vies dépla­­­­­­­­­­­­­cées ont façonné la sienne, entre départs forcés, inté­­­­­­­­­­­­­gra­­­­­­­­­­­­­tion à Liège et mémoire fami­­­­­­­­­­­­­liale.

Ce récit sensible a parlé de déra­­­­­­­­­­­­­ci­­­­­­­­­­­­­ne­­­­­­­­­­­­­ment, d’iden­­­­­­­­­­­­­tité, de ce que l’on emporte en quit­­­­­­­­­­­­­tant un pays – et de ce que l’on choi­­­­­­­­­­­­­sit de trans­­­­­­­­­­­­­mettre. Le spec­­­­­­­­­­­­­tacle mêlait voix, musique de bandoura, chants tradi­­­­­­­­­­­­­tion­­­­­­­­­­­­­nels et récits de famille. Dans une mise en scène sobre et poétique, les souve­­­­­­­­­­­­­nirs se tissaient comme une brode­­­­­­­­­­­­­rie déli­­­­­­­­­­­­­cate, pleine d’émo­­­­­­­­­­­­­tion. Ce spec­­­­­­­­­­­­­tacle fut un hommage vibrant aux histoires silen­­­­­­­­­­­­­cieuses, aux liens invi­­­­­­­­­­­­­sibles entre les géné­­­­­­­­­­­­­ra­­­­­­­­­­­­­tions. Il a apporté une parole néces­­­­­­­­­­­­­saire, touchante et univer­­­­­­­­­­­­­selle. Après le spec­­­­­­­­­­­­­tacle, un échange était orga­­­­­­­­­­­­­nisé en présence de Françoise Jean­­­­­­­­­­­­­mart (Direc­­­­­­­­­­­­­trice du CPAS de Hotton) et d’une colla­­­­­­­­­­­­­bo­­­­­­­­­­­­­ra­­­­­­­­­­­­­trice du Centre d’ac­­­­­­­­­­­­­cueil Croix-Rouge de Hotton, centre d’ac­­­­­­­­­­­­­cueil pour deman­­­­­­­­­­­­­deurs de protec­­­­­­­­­­­­­tion inter­­­­­­­­­­­­­­­­­­­­­­­­­na­­­­­­­­­­­­­tio­­­­­­­­­­­­­nale. Le jeudi soir, la parole a été donnée à des respon­­­­­­­­­­­­­sables de centres d’ac­­­­­­­­­­­­­cueil pour qu’ils puissent témoi­­­­­­­­­­­­­gner des diffi­­­­­­­­­­­­­cul­­­­­­­­­­­­­tés qu’ils traversent, ainsi que des ques­­­­­­­­­­­­­tion­­­­­­­­­­­­­ne­­­­­­­­­­­­­ments des réfu­­­­­­­­­­­­­giés et des migrants.

Soli­­­­­­­­­­­­­da­­­­­­­­­­­­­rité avec le peuple pales­­­­­­­­­­­­­ti­­­­­­­­­­­­­nien

Pour termi­­­­­­­­­­­­­ner la semaine en beauté, les Équipes Popu­­­­­­­­­­­­­laires étaient en charge d’une jour­­­­­­­­­­­­­née de soli­­­­­­­­­­­­­da­­­­­­­­­­­­­rité avec le peuple pales­­­­­­­­­­­­­ti­­­­­­­­­­­­­nien. « Le vendredi, nous voulions qu’il y ait moins une dimen­­­­­­­­­­­­­sion poli­­­­­­­­­­­­­tique qu’il y avait durant toute la semaine, nous voulions que ce soit festif », explique Domi­­­­­­­­­­­­­nique. L’après-midi, des citoyens se sont réunis autour d’ate­­­­­­­­­­­­­liers culi­­­­­­­­­­­­­naires sur la théma­­­­­­­­­­­­­tique des desserts pales­­­­­­­­­­­­­ti­­­­­­­­­­­­­niens. Les parti­­­­­­­­­­­­­ci­­­­­­­­­­­­­pants à l’ate­­­­­­­­­­­­­lier sont ensuite restés, ont invité leurs familles à venir goûter et à rester à la soirée. Après une présen­­­­­­­­­­­­­ta­­­­­­­­­­­­­tion de la COLUXAM et un point sur la situa­­­­­­­­­­­­­tion en Pales­­­­­­­­­­­­­tine avec l’As­­­­­­­­­­­­­so­­­­­­­­­­­­­cia­­­­­­­­­­­­­tion belgo-pales­­­­­­­­­­­­­ti­­­­­­­­­­­­­nienne du Luxem­­­­­­­­­­­­­bourg via Éric Jour­­­­­­­­­­­­­dan, la slameuse d’Asma Soulista a pris place sur scène pour un concert tout en émotion et en ferveur. Chan­­­­­­­­­­­­­teuse, slameuse, autrice, compo­­­­­­­­­­­­­si­­­­­­­­­­­­­trice et musi­­­­­­­­­­­­­cienne, Asma Soulista écrit le monde à travers des textes enga­­­­­­­­­­­­­gés, sensibles et multi­­­­­­­­­­­­­lingues qu’elle chante et déclame, a cappella ou accom­­­­­­­­­­­­­pa­­­­­­­­­­­­­gnée d’ins­­­­­­­­­­­­­tru­­­­­­­­­­­­­ments tradi­­­­­­­­­­­­­tion­­­­­­­­­­­­­nels ou inso­­­­­­­­­­­­­lites, comme autant de voyages poétiques et musi­­­­­­­­­­­­­caux. Cette artiste mili­­­­­­­­­­­­­tante aborde l’art comme une larme d’ex­­­­­­­­­­­­­pres­­­­­­­­­­­­­sion massive. Un profond senti­­­­­­­­­­­­­ment d’ap­­­­­­­­­­­­­par­­­­­­­­­­­­­te­­­­­­­­­­­­­nance à une huma­­­­­­­­­­­­­nité univer­­­­­­­­­­­­­selle anime sa plume et fait vibrer sa voix, pour conter la tris­­­­­­­­­­­­­tesse et la beauté du monde, explo­­­­­­­­­­­­­rer ses ombres et reflé­­­­­­­­­­­­­ter sa lumière. De son inter­­­­­­­­­­­­­­­­­­­­­­­­­ven­­­­­­­­­­­­­tion, on retien­­­­­­­­­­­­­dra notam­­­­­­­­­­­­­ment cette phrase : « Nos coeurs sont lourds comme des pastèques, mais nos larmes et nos cris sont des graines et on sème (s’aime). Il n’y a pas de camps à choi­­­­­­­­­­­­­sir, car ce n’est pas une guerre, c’est un géno­­­­­­­­­­­­­cide ».

Une ode à la vie

La jour­­­­­­­­­­­­­née s’est clôtu­­­­­­­­­­­­­rée par de la musique, de la joie, de la danse et des rires grâce à la démons­­­­­­­­­­­­­tra­­­­­­­­­­­­­tion et initia­­­­­­­­­­­­­tion au Dabkeh, danse tradi­­­­­­­­­­­­­tion­­­­­­­­­­­­­nelle pales­­­­­­­­­­­­­ti­­­­­­­­­­­­­nienne, par un groupe de réfu­­­­­­­­­­­­­giées, et à la présence d’un food­­­­­­­­­­­­­truck de cuisine pales­­­­­­­­­­­­­ti­­­­­­­­­­­­­nienne et liba­­­­­­­­­­­­­naise tenu par un jeune pales­­­­­­­­­­­­­ti­­­­­­­­­­­­­nien qui a vécu long­­­­­­­­­­­­­temps dans les centres. Une belle histoire pour se nour­­­­­­­­­­­­­rir au propre comme au figuré. Tout le monde a mangé, chanté, dansé… une soirée idéale pour clôtu­­­­­­­­­­­­­rer cette semaine « Allô le monde » à laquelle 350 personnes se sont succédé dans les diffé­­­­­­­­­­­­­rents événe­­­­­­­­­­­­­ments. « Ce qui était inté­­­­­­­­­­­­­res­­­­­­­­­­­­­sant cette semaine c’est qu’on a touché des personnes qui venaient du Pérou, du Vene­­­­­­­­­­­­­zuela, des Ukrai­­­­­­­­­­­­­niens, des Pales­­­­­­­­­­­­­ti­­­­­­­­­­­­­niens, des Souda­­­­­­­­­­­­­nais, des Afghans… la dernière soirée était remplie d’émo­­­­­­­­­­­­­tion. Plusieurs personnes se sont mises à danser. Nous étions dans une belle éner­­­­­­­­­­­­­gie, et ça a fait connaitre la COLUXAM et donné de la visi­­­­­­­­­­­­­bi­­­­­­­­­­­­­lité aux Équipes », conclut Domi­­­­­­­­­­­­­nique.

Propos recueillis par Adrienne Dema­­­­­­­­­­­­­ret

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