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[Carte blanche] De plus en plus de personnes risquent de passer à travers les mailles du dernier filet de la sécu­rité sociale

Le légis­­­­­­­­­­­la­­­­­­­­­­­teur prépare plusieurs réformes en matière de CPAS. Certaines viennent d’en­­­­­­­­­­­trer en vigueur. D’autres ont été annon­­­­­­­­­­­cées, et sont, pour certaines, à l’exa­­­­­­­­­­­men par le Conseil d’État -elles pour­­­­­­­­­­­raient donc bien­­­­­­­­­­­tôt être adop­­­­­­­­­­­tées.

Les CPAS octroient diverses aides aux personnes en situa­­­­­­­­­­­tion précaire, telles que le revenu d’in­­­­­­­­­­­té­­­­­­­­­­­gra­­­­­­­­­­­tion (ou « RI »), des aides maté­­­­­­­­­­­rielles, des aides finan­­­­­­­­­­­cières, un accom­­­­­­­­­­­pa­­­­­­­­­­­gne­­­­­­­­­­­ment social, etc. Ils consti­­­­­­­­­­­tuent ainsi le dernier filet de la sécu­­­­­­­­­­­rité sociale en Belgique.

En durcis­­­­­­­­­­­sant l’ac­­­­­­­­­­­cès à l’aide sociale et rédui­­­­­­­­­­­sant les montants des aides allouées par le CPAS, les réformes envi­­­­­­­­­­­sa­­­­­­­­­­­gées affai­­­­­­­­­­­blissent la portée de l’ul­­­­­­­­­­­time protec­­­­­­­­­­­tion sociale, bien loin de la philo­­­­­­­­­­­so­­­­­­­­­­­phie géné­­­­­­­­­­­rale de notre système de sécu­­­­­­­­­­­rité sociale.

Un revenu permet­­­­­­­­­­­tant de mener une vie digne ?

Pour véri­­­­­­­­­­­fier si une personne a droit au RI et pour en fixer le montant, les CPAS prennent en compte les ressources du deman­­­­­­­­­­­deur et de son éven­­­­­­­­­­­tuel conjoint ou parte­­­­­­­­­­­naire avec lequel il coha­­­­­­­­­­­bite. Jusqu’en février dernier, les CPAS pouvaient aussi choi­­­­­­­­­­­sir de tenir compte de tout ou d’une partie seule­­­­­­­­­­­ment des ressources des parents et des enfants majeurs du deman­­­­­­­­­­­deur, s’ils coha­­­­­­­­­­­bi­­­­­­­­­­­taient.

Depuis ce 1er mars 2026, les CPAS sont obli­­­­­­­­­­­gés de prendre en compte toutes les ressources de toutes les personnes qui vivent avec le deman­­­­­­­­­­­deur d’aide – pour autant qu’il s’agisse du conjoint ou parte­­­­­­­­­­­naire, des parents, des enfants majeurs, des grands-parents, beaux-parents, beaux-enfants et petits-enfants majeurs.

Cette modi­­­­­­­­­­­fi­­­­­­­­­­­ca­­­­­­­­­­­tion des règles de calcul a pour consé­quence de dimi­­­­­­­­­­­nuer le montant du RI effec­­­­­­­­­­­ti­­­­­­­­­­­ve­­­­­­­­­­­ment payé au deman­­­­­­­­­­­deur, car les ressources prises en compte pour­­­­­­­­­­­ront être déduites du montant de base du RI. Or, le montant de base du RI au taux coha­­­­­­­­­­­bi­­­­­­­­­­­tant (893,65 €/mois) est déjà infé­­­­­­­­­­­rieur à celui du taux isolé (1.340,47 €/mois) et demeure, dans tous les cas, infé­­­­­­­­­­­rieur au seuil de pauvreté (depuis 2024, 1.522 €/mois/personne isolée). En pratique, le légis­­­­­­­­­­­la­­­­­­­­­­­teur sanc­­­­­­­­­­­tionne la soli­­­­­­­­­­­da­­­­­­­­­­­rité fami­­­­­­­­­­­liale, la consi­­­­­­­­­­­dé­­­­­­­­­­­rant unique­­­­­­­­­­­ment comme un avan­­­­­­­­­­­tage finan­­­­­­­­­­­cier, et non comme un levier d’éman­­­­­­­­­­­ci­­­­­­­­­­­pa­­­­­­­­­­­tion. Par exemple, une grand-mère qui vit avec son petit-fils qui gagne 1.800€ par mois n’aura plus droit à l’aide du CPAS.

Le gouver­­­­­­­­­­­ne­­­­­­­­­­­ment a adopté cette modi­­­­­­­­­­­fi­­­­­­­­­­­ca­­­­­­­­­­­tion contre l’avis du Conseil d’Etat qui était pour­­­­­­­­­­­tant très clair : cette mesure entraîne un recul impor­­­­­­­­­­­tant du degré de protec­­­­­­­­­­­tion offerte aux personnes précaires, et ce recul n’est pas raison­­­­­­­­­­­na­­­­­­­­­­­ble­­­­­­­­­­­ment justi­­­­­­­­­­­fié. On peut donc sérieu­­­­­­­­­­­se­­­­­­­­­­­ment s’in­­­­­­­­­­­ter­­­­­­­­­­­ro­­­­­­­­­­­ger sur la consti­­­­­­­­­­­tu­­­­­­­­­­­tion­­­­­­­­­­­na­­­­­­­­­­­lité de cette réforme.

D’autres mesures ayant égale­­­­­­­­­­­ment pour consé­quence de réduire le montant de l’aide octroyée par le CPAS sont en outre en projet. Un registre des aides (enten­­­­­­­­­­­dues très large­­­­­­­­­­­ment) est notam­­­­­­­­­­­ment envi­­­­­­­­­­­sagé afin d’en limi­­­­­­­­­­­ter le cumul. Le légis­­­­­­­­­­­la­­­­­­­­­­­teur examine aussi la possi­­­­­­­­­­­bi­­­­­­­­­­­lité de ne plus rembour­­­­­­­­­­­ser la coti­­­­­­­­­­­sa­­­­­­­­­­­tion complé­­­­­­­­­­­men­­­­­­­­­­­taire à la mutuelle (cela aurait pour consé­quence que les béné­­­­­­­­­­­fi­­­­­­­­­­­ciaires du CPAS ne seraient plus rembour­­­­­­­­­­­sés par leur mutuelle pour une série de frais, tels que les verres de lunettes).

Ces mesures viennent s’ajou­­­­­­­­­­­ter aux réduc­­­­­­­­­­­tions de certains budgets adop­­­­­­­­­­­tées l’an­­­­­­­­­­­née passée (réduc­­­­­­­­­­­tion du subside pour le plan grand froid, suppres­­­­­­­­­­­sion du subside qui inter­­­­­­­­­­­­­­­­­­­­­ve­­­­­­­­­­­nait pour l’ac­­­­­­­­­­­cès à la culture et au sport, etc.).

Ce faisant, le légis­­­­­­­­­­­la­­­­­­­­­­­teur réduit de manière signi­­­­­­­­­­­fi­­­­­­­­­­­ca­­­­­­­­­­­tive les aides que le CPAS peut octroyer à ses béné­­­­­­­­­­­fi­­­­­­­­­­­ciaires – aides qui, pour rappel, doivent pour­­­­­­­­­­­tant permettre à ces derniers de mener une vie digne.

Une aide qui permet l’in­­­­­­­­­­­té­­­­­­­­­­­gra­­­­­­­­­­­tion ?

Paral­­­­­­­­­­­lè­­­­­­­­­­­le­­­­­­­­­­­ment, d’autres textes sont en prépa­­­­­­­­­­­ra­­­­­­­­­­­tion pour soumettre les droits de plusieurs publics à des condi­­­­­­­­­­­tions supplé­­­­­­­­­­­men­­­­­­­­­­­taires. Ces modi­­­­­­­­­­­fi­­­­­­­­­­­ca­­­­­­­­­­­tions compliquent l’ob­­­­­­­­­­­ten­­­­­­­­­­­tion et le main­­­­­­­­­­­tien des aides du CPAS pour les personnes concer­­­­­­­­­­­nées, qui sont pour­­­­­­­­­­­tant déjà parti­­­­­­­­­­­cu­­­­­­­­­­­liè­­­­­­­­­­­re­­­­­­­­­­­ment vulné­­­­­­­­­­­rables, notam­­­­­­­­­­­ment les réfu­­­­­­­­­­­giés recon­­­­­­­­­­­nus.

Le légis­­­­­­­­­­­la­­­­­­­­­­­teur cherche à impo­­­­­­­­­­­ser à ces publics des obli­­­­­­­­­­­ga­­­­­­­­­­­tions parti­­­­­­­­­­­cu­­­­­­­­­­­lières que le CPAS devra prévoir dans le “projet indi­­­­­­­­­­­vi­­­­­­­­­­­dua­­­­­­­­­­­lisé d’in­­­­­­­­­­­té­­­­­­­­­­­gra­­­­­­­­­­­tion sociale” ou “PIIS”, c’est-à-dire le contrat que les usagers doivent conclure, dans certains cas, avec le CPAS notam­­­­­­­­­­­ment pour rece­­­­­­­­­­­voir le RI. Les mesures envi­­­­­­­­­­­sa­­­­­­­­­­­gées vont ainsi à l’en­­­­­­­­­­­contre de la loi, qui prévoit que le PIIS doit être indi­­­­­­­­­­­vi­­­­­­­­­­­dua­­­­­­­­­­­lisé et co-construit. À nouveau, la léga­­­­­­­­­­­lité des textes en prépa­­­­­­­­­­­ra­­­­­­­­­­­tion pose ques­­­­­­­­­­­tion.

Pour les réfu­­­­­­­­­­­giés recon­­­­­­­­­­­nus, le PIIS devra prévoir l’obli­­­­­­­­­­­ga­­­­­­­­­­­tion de suivre un parcours d’in­­­­­­­­­­­té­­­­­­­­­­­gra­­­­­­­­­­­tion. Si le béné­­­­­­­­­­­fi­­­­­­­­­­­ciaire ne satis­­­­­­­­­­­fait pas suffi­­­­­­­­­­­sam­­­­­­­­­­­ment à cette obli­­­­­­­­­­­ga­­­­­­­­­­­tion, le CPAS pourra dimi­­­­­­­­­­­nuer tempo­­­­­­­­­­­rai­­­­­­­­­­­re­­­­­­­­­­­ment son RI, de 15% ou 33% (alors que le montant de base du RI est déjà très bas, rappe­­­­­­­­­­­lons-le) ! Ces dimi­­­­­­­­­­­nu­­­­­­­­­­­tions de RI ne tiennent pas compte des délais d’at­­­­­­­­­­­tente avant l’ins­­­­­­­­­­­crip­­­­­­­­­­­tion au parcours d’in­­­­­­­­­­­té­­­­­­­­­­­gra­­­­­­­­­­­tion, des entrées tardives dans ce parcours, des diffi­­­­­­­­­­­cul­­­­­­­­­­­tés de combi­­­­­­­­­­­nai­­­­­­­­­­­son de ce parcours avec un emploi, ou des obstacles liés à des condi­­­­­­­­­­­tions péri­­­­­­­­­­­phé­­­­­­­­­­­riques telles que l’ac­­­­­­­­­­­cès à un service de garde d’en­­­­­­­­­­­fants pendant le parcours d’in­­­­­­­­­­­té­­­­­­­­­­­gra­­­­­­­­­­­tion. Par ailleurs, si pour une raison ou une autre, le PIIS ne prévoit pas cette obli­­­­­­­­­­­ga­­­­­­­­­­­tion de suivre un parcours d’in­­­­­­­­­­­té­­­­­­­­­­­gra­­­­­­­­­­­tion, le réfu­­­­­­­­­­­gié reconnu devra prou­­­­­­­­­­­ver lui-même que ses efforts d’in­­­­­­­­­­­té­­­­­­­­­­­gra­­­­­­­­­­­tion sont suffi­­­­­­­­­­­sants. Cette dernière exigence va à l’en­­­­­­­­­­­contre des ensei­­­­­­­­­­­gne­­­­­­­­­­­ments de la juris­­­­­­­­­­­pru­­­­­­­­­­­dence et fait peser une charge supplé­­­­­­­­­­­men­­­­­­­­­­­taire sur la personne concer­­­­­­­­­­­née.

En condi­­­­­­­­­­­tion­­­­­­­­­­­nant davan­­­­­­­­­­­tage l’ac­­­­­­­­­­­cès au dernier filet de sécu­­­­­­­­­­­rité et en rédui­­­­­­­­­­­sant le montant de l’aide, pour­­­­­­­­­­­tant déjà mini­­­­­­­­­­­mal, pour les réfu­­­­­­­­­­­giés recon­­­­­­­­­­­nus qui ne satis­­­­­­­­­­­fe­­­­­­­­­­­raient pas à ces nouvelles condi­­­­­­­­­­­tions, on peut se deman­­­­­­­­­­­der si ces mesures contri­­­­­­­­­­­buent réel­­­­­­­­­­­le­­­­­­­­­­­ment à sortir de la préca­­­­­­­­­­­rité. Ces mesures char­­­­­­­­­­­rient des repré­­­­­­­­­­­sen­­­­­­­­­­­ta­­­­­­­­­­­tions péjo­­­­­­­­­­­ra­­­­­­­­­­­tives des publics visés et renforcent encore un système où certaines personnes doivent plus que les autres prou­­­­­­­­­­­ver qu’elles méritent l’aide publique.

Un filet mini­­­­­­­­­­­mal pour tous et toutes ?

Enfin, plusieurs avant-projets de loi prévoient des exclu­­­­­­­­­­­sions pures et simples du RI et/ou de l’aide sociale pour certaines caté­­­­­­­­­­­go­­­­­­­­­­­ries d’étran­­­­­­­­­­­gers. Si ces textes étaient adop­­­­­­­­­­­tés, il s’agi­­­­­­­­­­­rait de reculs impor­­­­­­­­­­­tants dans le niveau de protec­­­­­­­­­­­tion sociale auquel ces personnes ont accès.

Les béné­­­­­­­­­­­fi­­­­­­­­­­­ciaires de protec­­­­­­­­­­­tion subsi­­­­­­­­­­­diaire – un statut de protec­­­­­­­­­­­tion inter­­­­­­­­­­­­­­­­­­­­­na­­­­­­­­­­­tio­­­­­­­­­­­nale semblable au statut de réfu­­­­­­­­­­­gié – n’au­­­­­­­­­­­raient plus droit au RI, mais seule­­­­­­­­­­­ment à l’aide sociale. Pour­­­­­­­­­­­tant, les textes euro­­­­­­­­­­­péens leur garan­­­­­­­­­­­tissent un accès à des “pres­­­­­­­­­­­ta­­­­­­­­­­­tions essen­­­­­­­­­­­tielles”, telles qu’un revenu mini­­­­­­­­­­­mal. Le droit à l’aide sociale n’o re pas une garan­­­­­­­­­­­tie équi­­­­­­­­­­­va­­­­­­­­­­­lente.

Les citoyens euro­­­­­­­­­­­péens, en ce compris les travailleurs et les étudiants, qui aupa­­­­­­­­­­­ra­­­­­­­­­­­vant avaient accès au RI n’au­­­­­­­­­­­raient plus droit qu’à une forme très limi­­­­­­­­­­­tée d’aide sociale – l’aide médi­­­­­­­­­­­cale urgente, l’adresse de réfé­­­­­­­­­­­rence et l’ac­­­­­­­­­­­com­­­­­­­­­­­pa­­­­­­­­­­­gne­­­­­­­­­­­ment socio-profes­­­­­­­­­­­sion­­­­­­­­­­­nel – et ce durant les 5 premières années de leur séjour légal et inin­­­­­­­­­­­ter­­­­­­­­­­­rompu en Belgique. Alors qu’ils sont censés jouir du droit à la libre circu­­­­­­­­­­­la­­­­­­­­­­­tion, les citoyens euro­­­­­­­­­­­péens n’au­­­­­­­­­­­raient plus que des droits semblables à ceux des personnes en séjour irré­­­­­­­­­­­gu­­­­­­­­­­­lier, qui n’ont droit qu’à l’aide médi­­­­­­­­­­­cale urgente. De telles limi­­­­­­­­­­­ta­­­­­­­­­­­tions paraissent diffi­­­­­­­­­­­ci­­­­­­­­­­­le­­­­­­­­­­­ment conci­­­­­­­­­­­liables avec la juris­­­­­­­­­­­pru­­­­­­­­­­­dence euro­­­­­­­­­­­péenne rela­­­­­­­­­­­tive aux pres­­­­­­­­­­­ta­­­­­­­­­­­tions mini­­­­­­­­­­­males.

Enfin, les deman­­­­­­­­­­­deurs de protec­­­­­­­­­­­tion inter­­­­­­­­­­­­­­­­­­­­­na­­­­­­­­­­­tio­­­­­­­­­­­nale, quant à eux, ne pour­­­­­­­­­­­raient plus se tour­­­­­­­­­­­ner vers les CPAS en cas de satu­­­­­­­­­­­ra­­­­­­­­­­­tion du réseau d’ac­­­­­­­­­­­cueil ou de défaillance de Feda­­­­­­­­­­­sil.

Plusieurs caté­­­­­­­­­­­go­­­­­­­­­­­ries d’étran­­­­­­­­­­­gers, pour qui les protec­­­­­­­­­­­tions sociales sont déjà peu nombreuses, verraient les aides auxquelles ils peuvent prétendre encore se réduire. Là où la loi prévoit que l’aide sociale est ouverte à toute personne, le gouver­­­­­­­­­­­ne­­­­­­­­­­­ment ajoute « sauf à certaines caté­­­­­­­­­­­go­­­­­­­­­­­ries d’étran­­­­­­­­­­­gers », toujours plus nombreuses.

Une margi­­­­­­­­­­­na­­­­­­­­­­­li­­­­­­­­­­­sa­­­­­­­­­­­tion crois­­­­­­­­­­­sante des personnes plus fragi­­­­­­­­­­­li­­­­­­­­­­­sées ?

Les mesures épin­­­­­­­­­­­glées ici posent de très nombreuses ques­­­­­­­­­­­tions de léga­­­­­­­­­­­lité au regard de la légis­­­­­­­­­­­la­­­­­­­­­­­tion belge, des ensei­­­­­­­­­­­gne­­­­­­­­­­­ments de la juris­­­­­­­­­­­pru­­­­­­­­­­­dence et du droit euro­­­­­­­­­­­péen notam­­­­­­­­­­­ment. Elles sont, par ailleurs, diri­­­­­­­­­­­gées contre des personnes déjà extrê­­­­­­­­­­­me­­­­­­­­­­­ment fragi­­­­­­­­­­­li­­­­­­­­­­­sées et précaires.

Nous nous inquié­­­­­­­­­­­tons des atteintes répé­­­­­­­­­­­tées à l’en­­­­­­­­­­­contre du système de sécu­­­­­­­­­­­rité sociale, parti­­­­­­­­­­­cu­­­­­­­­­­­liè­­­­­­­­­­­re­­­­­­­­­­­ment de son tout dernier filet. Celles-ci sont d’au­­­­­­­­­­­tant plus préoc­­­­­­­­­­­cu­­­­­­­­­­­pantes que l’ac­­­­­­­­­­­com­­­­­­­­­­­pa­­­­­­­­­­­gne­­­­­­­­­­­ment du CPAS est l’une des justi­­­­­­­­­­­fi­­­­­­­­­­­ca­­­­­­­­­­­tions invoquées pour réduire d’autres allo­­­­­­­­­­­ca­­­­­­­­­­­tions sociales, notam­­­­­­­­­­­ment de chômage.

De manière trans­­­­­­­­­­­ver­­­­­­­­­­­sale, ces mesures alour­­­­­­­­­­­dissent la charge qui pèse sur les CPAS, limi­­­­­­­­­­­tés dans leur capa­­­­­­­­­­­cité d’ac­­­­­­­­­­­com­­­­­­­­­­­pa­­­­­­­­­­­gne­­­­­­­­­­­ment – pour­­­­­­­­­­­tant essen­­­­­­­­­­­tielle – et risquent d’af­­­­­­­­­­­fai­­­­­­­­­­­blir dura­­­­­­­­­­­ble­­­­­­­­­­­ment leur capa­­­­­­­­­­­cité à garan­­­­­­­­­­­tir une vie conforme à la dignité humaine. À vouloir agir dans l’ur­­­­­­­­­­­gence, sans analyse d’im­­­­­­­­­­­pact suffi­­­­­­­­­­­sante, le gouver­­­­­­­­­­­ne­­­­­­­­­­­ment risque d’étendre la préca­­­­­­­­­­­rité au lieu de la réduire, repous­­­­­­­­­­­sant toujours plus aux marges les plus précaires.


Flore BELENGER – Cher­­­­­­­­­­­cheuse au Centre de droit public et social de l’ULB
Sophie GERARD – Cher­­­­­­­­­­­cheuse au Centre de droit public et social de l’ULB et Direc­­­­­­­­­­­trice de la Street Law Clinic en droit social

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