[REVUE] N° Spécial Campagne : Précarité, à qui le tour ?
Non, la richesse ne ruisselle pas. Cette vieille rengaine qu’on nous sert depuis les années 80 est bien démodée.
Là où certains promettaient que la richesse de quelques-uns finirait par bénéficier à tous (on attend toujours), notre campagne de sensibilisation 2026 montre comment la précarité, elle, se diffuse réellement et concrètement : suppression des allocations, des aides, politiques publiques d’austérité, dégradation des conditions de travail… entrainent, par effet domino, une aggravation de la précarité : difficultés d’accès au logement, problèmes de santé mentale, perte des liens sociaux… et une personne qui tombe dans la précarité entraine dans sa chute sa famille, ses enfants, son quartier, sa commune et finalement la société tout entière.
Ce n’est plus un ruissellement, c’est l’inondation
Défendre les droits sociaux, ce n’est pas « récompenser » un mérite quelconque, mais garantir la dignité. Lorsque des personnes sont exclues du chômage, privées d’allocations ou de leurs aides essentielles, elles ne deviennent pas plus autonomes : elles deviennent plus pauvres. Instabilité, endettement, perte de logement, problèmes de santé, difficulté à s’insérer sur le marché du travail… En fragilisant les protections sociales, on fragilise les personnes, puis les familles, puis les quartiers… puis l’ensemble de la société. En effet, une société qui appauvrit les plus fragiles finit par s’appauvrir elle-même.
Les protections sociales évitent que les difficultés individuelles deviennent des crises collectives. Dans les politiques d’austérité, les coûts sociaux et économiques ne sont pas répartis équitablement. Ce sont souvent ceux qui ont le moins de ressources qui absorbent les chocs les plus violents. Exclure du chômage, couper des allocations, supprimer des aides… Ce sont des politiques qui créent la pauvreté.
Une société qui appauvrit les plus fragiles finit par s’appauvrir elle-même
Nous voulons sensibiliser au fait qu’appauvrir les pauvres n’a jamais enrichi personne. On ne réduit pas la pauvreté en réduisant les droits : on
l’aggrave. Et avec elle, l’insécurité, les inégalités, les tensions sociales. Une
société forte protège, elle n’exclut pas, elle ne fragilise pas, elle ne stigmatise
pas.
Nous réclamons de stopper de façon urgente la cascade des inégalités et
de renforcer les droits sociaux. Nous refusons de stigmatiser des parties
de la population, de traquer des gens, de désigner des boucs émissaires.
Nous voulons soutenir le vivre-ensemble et combattre le discours politique
dominant, qui divise et qui stigmatise.
Dans ce numéro, nous revenons d’abord sur cette légende urbaine, cette croyance saugrenue en un ruissellement de la richesse.
Nous avons dressé le catalogue des mesures gouvernementales qui attaquent une grande partie de la population et nous avons recueilli les témoignages précieux et courageux de personnes touchées
par les mesures actuelles.
Nous avons aussi discuté avec Carlo Caldarini, un sociologue qui a travaillé au sein de l’un des plus grands CPAS de Belgique, pour découvrir que les gens ne font généralement que des passages temporaires par les CPAS.
Nous avons révélé pourquoi les riches s’en sortent et s’en sortiront toujours, et nous avons enfin recensé des solutions pertinentes pour ralentir et, pourquoi pas, stopper cette précarisation de la société.
Nous avons remis au goût du jour les mots solidarité, empathie et bienveillance. Parce que c’est ensemble qu’on tient à flot.
Consultez le dossier en ligne : Spécial Campagne : Précarité, à qui le tour ? – Les Équipes Populaires
Bonne lecture !