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Housing Action Day 2022

Appel

Se loger est un droit fonda­men­tal. Pour­tant, aujourd’­hui en Belgique, des milliers de personnes dorment dans la rue. Des milliers de personnes n’ar­rivent pas à payer leur loyer. Des milliers de personnes vivent dans un loge­ment insa­lubre, ou trop petit, et des milliers d’autres ont PEUR de ne pas trou­ver à se loger ou à se relo­ger dans des condi­tions décentes. Souvent, nous nous sentons seul·e·s et désar­mé·e·s devant les diffi­cul­tés liées au loge­ment, nous avons honte, et pour­tant il s’agit bien là d’un problème collec­tif.

En Belgique comme dans de nombreux pays d’Eu­rope, nous sommes confron­té·e·s aux mêmes dyna­miques, qui toutes nous appau­vrissent, excluent celles et ceux qui n’ont pas assez d’argent et discri­minent celles et ceux qui n’ont pas le bon genre, la bonne couleur de peau ou les bons papiers. Nos villes et nos espaces de vie sont vendus, trans­for­més en action bour­sières. Partout, les loyers augmentent, les prix de vente des appar­te­ments et des maisons explosent et nos salaires stag­nent. Nous payons donc une part de plus en plus impor­tante de nos reve­nus pour nous loger. Le nombre de loge­ments sociaux, lui, augmente à peine, voire dimi­nue dans certains endroits. En même temps, nous sommes des milliers à nous être endet­té·e·s auprès d’une banque pour deve­nir proprié­taires alors que nous n’en avons pas vrai­ment les moyens, parce que tout nous pousse vers la propriété privée. Face à cette situa­tion, certains trouvent le squat comme solu­tion. Mais le squat a été rendu illé­gal, alors qu’il s’agit juste d’oc­cu­per des bâti­ments que des proprié­taires laissent vides ! Dans nos villes, on construit des appar­te­ments trop chers, qui font augmen­ter le prix de tous les loge­ments. On trans­forme des loge­ments en bureaux ou en appar­te­ments de vacances ! Dans nos villes, on change les quar­tiers, on « rénove » les quar­tiers popu­laires, on en fait des espaces rentables : les anciens cafés sont fermés, rempla­cés par des lieux plus chics, plus bran­chés. Dans nos villes et nos campagnes, les rares terrains publics sont vendus à des promo­teurs privés. Dans nos villes et nos campagnes, nous sommes des milliers à galé­rer, à nous faire expul­ser, à louer des appar­te­ments trop petits, en mauvais état pour des loyers trop élevés. Partout, nous sommes des milliers à rembour­ser des crédits hypo­thé­caires illé­gi­times, à craindre la fin du mois, voire même à louer notre grenier mal isolé à quelqu’un·e de plus pauvre que nous, simple­ment pour « joindre les deux bouts ».
Des familles sont expul­sées de chez elles, certaines personnes n’ont pas d’autre choix que la rue.

Nous ne voulons plus tolé­rer cette injus­tice et cette violence. Nous résis­tons et faisons preuve de soli­da­rité. La vente des villes et villages dans l’in­té­rêt de quelques-un·e·s n’est pas une loi de la nature, mais la consé­quence de choix, d’un système écono­mique débridé et d’une poli­tique qui semble avoir perdu son sens de la respon­sa­bi­lité sociale. Ensemble, nous pouvons chan­ger cela ! Ces dernières années, des dizaines de milliers, des centaines de milliers de personnes sont descen­dues dans la rue pour récla­mer des poli­tiques de la ville et du loge­ment équi­tables, la dernière fois pour la Jour­née euro­péenne d’ac­tion le 6 avril 2019 dans presque cinquante villes. Suite à ces mobi­li­sa­tions, à Berlin, iels ont obtenu le gel des loyers ! Nous pouvons égale­ment obte­nir une victoire en Belgique : nos loyers n’ont pas à augmen­ter pour des loge­ments vétustes et mal isolés !

Nous, une alliance natio­nale d’as­so­cia­tions et de collec­tifs actifs dans la santé, la lutte contre la pauvreté, le droit à la ville et le droit au loge­ment exigeons :

  1. Une baisse immé­diate et un enca­dre­ment des loyers. Le loge­ment n’est pas une marchan­dise.
  2. La fin des expul­sions et un loge­ment pour toutes les personnes sans-abri. Des loge­ments dignes, salubres abor­dables et adap­tés aux besoins des familles et des indi­vi­dus.
  3. La fin des loge­ments vides ! Nous voulons que les sanc­tions contre les proprié­taires qui laissent leurs loge­ments vides en atten­dant que la valeur de leur bien augmente soient réel­le­ment appliquées. La fin de la crimi­na­li­sa­tion des occu­pa­tions et du squat ! Nous deman­dons l’abro­ga­tion de la loi anti-squat tout en réfu­tant l’idée que squat­ter consti­tue une solu­tion struc­tu­relle. L’im­mo­bi­lisme poli­tique doit cesser.
  4. Une véri­table gestion collec­tive de nos loge­ments et de nos lieux de vie, la recon­nais­sance de droits collec­tifs pour les loca­taires. Nous refu­sons que nos lieux de vie ne soient que le produit d’in­té­rêts privés et de grands inves­tis­seurs.
  5. La construc­tion massive de loge­ments sociaux et la réno­va­tion du parc social vétuste. Nous voulons plus de terrains et de bâti­ments publics. Nous appe­lons au déve­lop­pe­ment de coopé­ra­tives de loca­taires, et à la gestion collec­tive de nos immeubles. Le loge­ment est trop impor­tant pour être laissé aux mains du marché.
  6. Un déve­lop­pe­ment urbain et rural soli­daire et écolo­gique ! Un envi­ron­ne­ment de qualité, une isola­tion des bâti­ments, une garan­tie d’ac­cès à l’eau et à l’éner­gie pour toutes et tous.

📢 FOCUS 2022 : « POUR UNE BAISSE DES LOYERS ! » 📢

Se loger est la base d’une vie décente.

Le bien-être, la santé physique et mentale, le niveau d’édu­ca­tion des enfants et l’ac­cès aux droits sociaux sont direc­te­ment liés à un loge­ment décent.

Avec l’ex­plo­sion des loyers et les reve­nus qui augmentent trop peu voire baissent), de plus en plus de ménages se fragi­lisent, voire basculent dans la préca­rité car mal-logés. La pres­sion sur les loyers est un problème qui ne touche plus seule­ment les ménages précaires, elle menace l’en­semble de la popu­la­tion.

En effet, un bien de première néces­sité tel que le loge­ment est consi­déré comme un place­ment sûr et rentable par les inves­tis­seurs. Cette spécu­la­tion gran­dis­sante sur le marché immo­bi­lier entraîne une hausse géné­rale des prix de vente qui rend toujours plus impos­sible l’ac­cès à un loge­ment décent et abor­dable. [Notons que parmi les pays de l’OCDE, la Belgique est le pays qui a connu la pire augmen­ta­tion de la part du coût du loge­ment par rapport aux reve­nus (x350% pour les 20% des ménages les plus pauvres entre 1988 et 2020 selon l’enquête Euro­stat 2020 sur le budget des ménages)].

A cette crise struc­tu­relle du loge­ment sont venus s’ajou­ter la crise écono­mique liée à la pandé­mie, l’ex­plo­sion du coût de la vie et parti­cu­liè­re­ment des prix de l’éner­gie, ainsi que le drame des inon­da­tions qui ont détruit des milliers de foyers en Wallo­nie.

Le loge­ment est un droit fonda­men­tal, et c’est à ce titre que la régu­la­tion du marché loca­tif est un objec­tif légi­time d’in­té­rêt public : le loge­ment n’est pas, et ne devrait pas être consi­déré comme un bien marchand comme un autre.

Parmi tous les marchés rela­tifs à l’ac­cès à des biens de première néces­sité, le marché loca­tif est celui qui est sans doute le moins bien régulé. Malgré l’exis­tence de nombreuses normes (salu­brité, non-discri­mi­na­tion, PEB, enre­gis­tre­ment du bail,…), le contrôle effec­tif est absent.

En matière de loge­ment l’in­té­rêt géné­ral devrait toujours primer sur l’in­té­rêt privée alors que c’est l’in­verse qui se passe de manière flagrante, au détri­ment des couches sociales les plus précaires Le proprié­taire privé est complè­te­ment libre de fixer le montant du loyer sans aucune limite. Tout ceci dans un pays où le taux de loge­ments sociaux est exces­si­ve­ment bas.

Les mesures en vigueur pour amadouer les proprié­taires bailleurs et les promo­teurs montrent leur inef­fi­ca­cité d’an­née en année. Elles créent très peu de loge­ments abor­dables, coûtent de l’argent public et accen­tuent la dyna­mique d’in­ves­tis­se­ment lucra­tif qui met la pres­sion sur le marché loca­tif. Ces mesures sont d’au­tant plus insen­sées que les reve­nus loca­tifs ne sont pas taxés à hauteur du béné­fice qu’ils procurent.

Il n’est pas normal que les déten­teurs de loge­ments à louer consi­dèrent ces biens comme un inves­tis­se­ment à faire fruc­ti­fier, tout en faisant porter les coûts et les risques de leur exploi­ta­tion sur la collec­ti­vité ! Il n’est pas normal que les loca­taires doivent se saigner pour payer leur loyer !

Il est temps que les pouvoirs publics prennent des mesures pour faire bais­ser effec­ti­ve­ment les loyers et se dote d’un arse­nal effec­tif de contrôle des obli­ga­tions pesant sur les proprié­taires.

Le loge­ment est un droit fonda­men­tal, nous exigeons qu’il soit reconnu comme tel. Il devrait être consi­déré comme un des piliers de la sécu­rité sociale au même titre que la santé et l’édu­ca­tion. La marchan­di­sa­tion de nos lieux de vie nous prive de ce droit et nous sommes là pour le défendre.

Mobi­li­sons-nous pour notre droit au loge­ment !

Plus d’in­for­ma­tion : http://www.housing-action-day.be/fr/home

Des ques­tions? Envie de parti­ci­per? → Contac­tez la coor­di­na­tion! 

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