Analyses

COIN-COIN QUI SERA LE PROCHAIN ? (Juin 2026)

Arizona, Azur, FWB : quel que soit le gouver­­­­­­­ne­­­­­­­ment, la popu­­­­­­­la­­­­­­­tion devient leur cible privi­­­­­­­lé­­­­­­­giée. Jamais assez perfor­­­­­­­mants, toujours à critiquer, nous sommes tous en quelque sorte consi­­­­­­­dé­­­­­­­rés comme des canards boiteux. Les nouvelles mesures visent tout le monde, ou presque.

Déjà mis en place
Bien­­­­­tôt mis en place
Ensei­­­­­­­gnants

Deux heures de plus en classe par semaine d pour tous les profs de la 4e à la 6e secon­­­­­­­daire sans augmen­­­­­­­ta­­­­­­­tion de salaire. Avec le risque pour les profes­­­­­­­seurs pas encore nommés de perdre leur emploi.

Pension­­­­­­­nés

Une année de carrière est redé­­­­­­­fi­­­­­­­nie, passant de 104 à 156 jours pres­­­­­­­tés.
Système de malus afin de limi­­­­­­­ter l’ac­­­­­­­cès à la pension anti­­­­­­­ci­­­­­­­pée : les personnes qui n’ont pas travaillé 35 ans (156 jours de travail par an mini­­­­­­­mum) ni tota­­­­­­­lisé 7020 jours sur l’en­­­­­­­semble de leur carrière verront leur pension dimi­­­­­­­nuer.

Malades de longue durée

Contrôles renfor­­­­­­­cés et limi­­­­­­­ta­­­­­­­tion dans le temps des allo­­­­­­­ca­­­­­­­tions de mala­­­­­­­die de longue durée. Mesures touchant 100.000 personnes (20% des béné­­­­­­­fi­­­­­­­ciaires).

Deman­­­­­­­deurs d’em­­­­­­­ploi

Allo­­­­­­­ca­­­­­­­tions de chômage réduites à 2 ans maxi­­­­­­­mum (excep­­­­­­­tion pour les personnes de plus de 55 ans si elles ont travaillé au moins 31 ans).

Personnes âgées

Les familles qui hébergent un grand-parent âgé en perte d’au­­­­­­­to­­­­­­­no­­­­­­­mie dépen­­­­­­­dront à l’ave­­­­­­­nir du statut coha­­­­­­­bi­­­­­­­tant, voyant leurs reve­­­­­­­nus gran­­­­­­­de­­­­­­­ment dimi­­­­­­­nués.

Étudiants

Le statut de coha­­­­­­­bi­­­­­­­tant concerne désor­­­­­­­mais aussi les enfants majeurs qui vivent avec leurs parents et qui dépendent du CPAS. Ils sont 42.000 à en béné­­­­­­­fi­­­­­­­cier pour pouvoir pour­­­­­­­suivre leurs études. Certains risquent de devoir arrê­­­­­­­ter leurs études.

Augmen­­­­­­­ta­­­­­­­tion du miner­­­­­­­val pour les étudiants ne béné­­­­­­­fi­­­­­­­ciant pas de bourse.

Garde d’en­­­­­fants

Crèches : Un finan­­­­­ce­­­­­ment censé permettre à l’ONE de prendre en charge le subven­­­­­tion­­­­­ne­­­­­ment de 1,5 puéri­­­­­cul­­­­­trice pour 7 enfants dès 2026 au lieu de 1 ne sera pas mis en œuvre. Poin­­­­­tons aussi la non-indexa­­­­­tion des subven­­­­­tions en 2026, alors que la pénu­­­­­rie de places persiste.

Ecoles

Four­­­­­ni­­­­­tures gratuites pour les élèves du fonda­­­­­men­­­­­tal : ce seront désor­­­­­mais aux écoles d’or­­­­­ga­­­­­ni­­­­­ser la gratuité qui est éten­­­­­due de la 3e mater­­­­­nelle à la 6e primaire, et ceci avec deux fois moins de moyens.

Repas gratuits plus obli­­­­­ga­­­­­toires : réduc­­­­­tion de 30% des moyens alloués qui sont repor­­­­­tés sur l’en­­­­­ve­­­­­loppe de fonc­­­­­tion­­­­­ne­­­­­ment des écoles (achats de maté­­­­­riel, aména­­­­­ge­­­­­ment, réno­­­­­va­­­­­tions).

Acadé­­­­­mie : fin de la gratuité des droits d’ins­­­­­crip­­­­­tion pour les enfants de moins de 12 ans.

Travailleurs

Un contrat à temps partiel devait prévoir au mini­­­­­mum 13h de travail par semaine. La réforme supprime ce seuil : un employeur peut désor­­­­­mais propo­­­­­ser des contrats de seule­­­­­ment 3h/semaine, ou écla­­­­­ter les horaires en très petites tranches. Résul­­­­­tat : des emplois instables, reve­­­­­nus impré­­­­­vi­­­­­sibles et des plan­­­­­nings diffi­­­­­ci­­­­­le­­­­­ment conci­­­­­liables avec une vie fami­­­­­liale.

Travail de nuit

Suppres­­­­­sion de l’in­­­­­ter­­­­­dic­­­­­tion du travail de nuit dans la plupart des secteurs. Les primes et avan­­­­­tages liés au travail de nuit ne sont désor­­­­­mais dus que pour les heures pres­­­­­tées entre 23h et 6h du matin (au lieu de 20h à 6h) dans les secteurs de la distri­­­­­bu­­­­­tion et de l’e-commerce.

Culture

Les subven­­­­­tions de fonc­­­­­tion­­­­­ne­­­­­ment des secteurs cultu­­­­­rels et asso­­­­­cia­­­­­tifs ne sont pas indexées, ce qui met la pres­­­­­sion sur les struc­­­­­tures face à l’aug­­­­­men­­­­­ta­­­­­tion des coûts.

Un mora­­­­­toire limite l’oc­­­­­troi de nouveaux agré­­­­­ments jusqu’en 2028 pour de nombreux secteurs, incluant les centres cultu­­­­­rels, l’édu­­­­­ca­­­­­tion perma­­­­­nente et les centres d’ex­­­­­pres­­­­­sion et de créa­­­­­ti­­­­­vité.

De nombreuses struc­­­­­tures asso­­­­­cia­­­­­tives et cultu­­­­­relles ont déjà mis la clef sous le paillas­­­­­son.

Quotient conju­­­­­gal

La dimi­­­­­nu­­­­­tion de l’avan­­­­­tage fiscal dit « quotient conju­­­­­gal ». Celui-ci consiste à attri­­­­­buer ficti­­­­­ve­­­­­ment, lors du calcul de l’im­­­­­pôt, une partie des reve­­­­­nus de la personne perce­­­­­vant le salaire le plus élevé à son ou sa parte­­­­­naire. Cela permet de réduire le montant de l’impôt.

Femmes

Les déci­­­­­sions du gouver­­­­­ne­­­­­ment vont toucher dure­­­­­ment les femmes, car celles-ci cumulent les situa­­­­­tions évoquées ci-après:

  • Plus de 60% des malades de longue durée sont des femmes.
  • La majo­­­­­rité des personnes qui travaillent en titres-services et en secteur pénible sont des femmes.
  • Les femmes travaillent plus souvent à temps partiel pour s’oc­­­­­cu­­­­­per de la famille et de la maison.
  • Elles ont plus d’emplois précaires.
  • Elles sont aussi plus nombreuses à avoir des carrières incom­­­­­plètes.

Sources : Oxfam Belgique, CSC, Ligue des Droits Humains, La Ligue de l’En­­­­­sei­­­­­gne­­­­­ment et de l’Édu­­­­­ca­­­­­tion perma­­­­­nente, RTBF.